Étude comparative · Europe occidentale, arc alpin et monde atlantique, XVe–XVIIIe siècles
La grande histoire des chasses aux sorcières : sources, procès et résistances (1428–1750)
Des premiers récits alpins au recul des poursuites : savoir distinguer archives, croyances, témoignages, torture, chiffres et verdicts.
I. Comment enquêter sur une persécution sans répéter les accusations
La chasse aux personnes accusées de sorcellerie est une histoire de justice, de croyances, de voisinage et de pouvoirs. Le mot « sorcière » est celui des accusateurs ; il ne doit jamais devenir une qualification historique de culpabilité. La même personne pouvait être consultée pour soigner un animal, dénoncée après une maladie ou interrogée pour avoir récité une prière. Une étude scientifique commence donc par des unités concrètes : qui accuse, devant quelle autorité, à quelle date, sur quel fondement, sous quelle contrainte et avec quel résultat ? Ce point de départ permet de rendre leur identité aux personnes poursuivies plutôt que de leur prêter un rôle dans un récit fantastique.1
Un registre judiciaire ne ressemble pas à un enregistrement sonore. Il peut contenir une plainte, une information secrète, une réponse résumée, un aveu reformulé par un greffier, une reconfession et un jugement. Les mêmes mots passent parfois d'un document à l'autre, donnant à une accusation répétée l'apparence d'un fait confirmé. Les approches croisées de l'histoire du droit, de la sociolinguistique, de la paléographie et de la critique des sources doivent donc être exposées au lecteur. L'enjeu est de distinguer ce que la pièce atteste réellement de ce qu'une juridiction a cru ou tenté d'établir.2
Ce grand chapitre relie les études existantes de Tactiques : formation du sabbat, conditions de preuve, dossiers du Pays de Vaud, interrogatoires de Jacques Couchant et procès de femmes jurassiennes. Il ajoute les comparaisons européennes indispensables et une bibliographie évolutive. Les notices d'archives effectivement vérifiées, les éditions critiques identifiées et les ouvrages non intégralement lus gardent des statuts différents. Une somme documentaire digne de confiance ne se juge pas au nombre de noms ou aux images frappantes, mais à la possibilité de contrôler chaque affirmation.
II. Avant les grandes chasses : sorcellerie, maléfice, hérésie et illusion
Les sociétés médiévales connaissaient des accusations de maléfices, des traditions de guérison et des débats religieux sur les visions nocturnes bien avant les procès massifs de l'époque moderne. Il serait faux de présenter le XVe siècle comme le moment où des pratiques magiques auraient soudain commencé. Ce qui change surtout est la possibilité pour certains juges et théologiens de relier des torts locaux — maladie, mort du bétail, récolte compromise — à une hérésie collective et à un pacte supposé avec le diable. La réunion de ces éléments produit un crime plus extensible que la plainte initiale contre une personne du village.3
Les mots doivent être expliqués. Le « maléfice » désigne une nuisance attribuée à une action magique ; le « pacte » est l'allégeance démoniaque alléguée ; le « sabbat » correspond à une représentation d'assemblée clandestine, et non à un rassemblement établi par un historien. L'« hérésie » relève d'un cadre ecclésiastique dont la définition et les procédures évoluent. Les sources emploient aussi « secte », « synagogue » ou « vauderie » pour catégoriser des groupes présumés. Reproduire ces termes sans explication perpétuerait des imaginaires accusatoires, parfois mêlés à de plus anciennes stigmatisations de minorités religieuses.4
Ni les autorités religieuses ni les populations ne pensaient toutes de la même manière. Des objections à la réalité matérielle de certains vols nocturnes ou de récits de sabbat coexistaient avec des affirmations démonologiques. Le travail critique consiste à suivre la circulation des concepts plutôt qu'à inventer une chronologie dans laquelle toute l'Europe aurait découvert simultanément une croyance unique. Les textes des années 1430–1440 témoignent de mises en forme régionales, ensuite débattues, copiées et transformées.
III. 1428 et l'arc alpin : un laboratoire historique documenté
L'un des points de départ essentiels se trouve dans l'arc alpin occidental. La chronique de Hans Fründ décrit des poursuites engagées dans le diocèse de Sion dès 1428. D'autres récits anciens se développent autour du Dauphiné, du Valais, de la Savoie, du pays de Vaud et des territoires voisins. Il faut toutefois distinguer la date des procédures, celle d'une chronique et celle de sa copie manuscrite. Une narration de justice ne vaut pas inventaire exhaustif de victimes, et des répressions différentes ne deviennent pas automatiquement une seule « première grande chasse ».5
L'édition critique L'imaginaire du sabbat, publiée à Lausanne en 1999, rassemble précisément cinq témoins textuels anciens : Hans Fründ, Johannes Nider, les Errores gazariorum, Claude Tholosan et Martin Le Franc. Leurs auteurs, leurs publics, leurs langues et leurs buts diffèrent. Le chroniqueur, le théologien, le juge et le poète n'observent pas un même événement depuis le même lieu. Leur réunion en un ouvrage moderne sert à reconstruire l'émergence d'une représentation, non à attester qu'une organisation clandestine décrite par les accusateurs aurait existé.6
Cet ancrage régional justifie que les premiers volumes de notre dossier soient très développés pour le Valais et le Pays de Vaud. Mais la précocité de documents suisses ne signifie pas que toute la répression européenne serait née d'un seul tribunal helvétique ou d'une volonté politique coordonnée. Les historiens reconstruisent des filiations de textes, des déplacements de praticiens judiciaires et des conflits de compétence ; certaines transmissions sont bien documentées, d'autres restent des hypothèses. L'article critique doit rester fidèle à cette différence.
IV. 1430–1460 : le sabbat devient un modèle narratif
Au cours du XVe siècle, des récits attribués aux accusés se mettent à combiner rencontre avec le diable, reniement religieux, déplacement nocturne, assemblée secrète, repas impies et maléfices. Cette convergence fait du sabbat un scénario dont l'accusateur connaît à l'avance plusieurs séquences. Les détails varient selon les villages et les langues, mais l'armature peut rester reconnaissable d'une pièce à l'autre. Comprendre cette convergence ne demande pas de croire aux assemblées décrites ; cela exige d'étudier la manière dont interrogatoires et récits se nourrissent réciproquement.7
Les travaux de Martine Ostorero sur la littérature démonologique entre 1440 et 1460 replacent les traités de Jean Vinet, Nicolas Jacquier et Pierre Mamoris avant le célèbre Malleus. Ce point modifie sensiblement la présentation populaire selon laquelle un seul livre aurait « inventé » la chasse aux sorcières. Les textes discutent la crédibilité de pratiques impossibles à observer directement et cherchent parfois à concilier témoignages imposés, héritage théologique et besoins judiciaires. Leurs conclusions ne sont ni uniformes ni automatiquement adoptées par tous les tribunaux.8
L'historien doit ici éviter deux erreurs symétriques. D'une part, les similitudes des récits ne sont pas la preuve d'une secte démoniaque effectivement organisée. D'autre part, elles ne prouvent pas qu'un texte littéraire précis aurait été directement copié dans chaque interrogatoire. Les greffiers peuvent disposer de formules de métier, les magistrats peuvent connaître des exemples, les personnes poursuivies peuvent avoir entendu des rumeurs et la violence peut imposer les attentes des juges. L'enquête compare les textes pour identifier ces mécanismes, sans attribuer une intention unique à tous les acteurs.
V. Les mots, les corps et les gestes : ce que les juges croient lire
Les procès mettent en scène des corps prétendument marqués, des cicatrices, des douleurs, des gestes de soin, des amulettes, des poudres, des poils noués et des prières. Ces objets peuvent être matériels tout en recevant une interprétation judiciaire erronée. Le constat qu'un greffier mentionne une marque n'établit pas que le diable aurait signé un pacte ; l'existence d'un petit objet dans une écurie ne prouve pas qu'il ait causé une épizootie. Distinguer présence de la chose, identification de son propriétaire et causalité alléguée est une exigence minimale de méthode.9
La médecine populaire et le « secret » des guérisseurs forment un contexte très variable. Des hommes et des femmes soignent le bétail, récitent des prières, interviennent auprès des familles et sont tantôt remerciés, tantôt soupçonnés. La pratique d'un soin historique ne peut être évaluée comme un médicament moderne sans connaissances de dose, de composition, de diagnostic et de résultat indépendant. Les juges peuvent transformer en signe de pacte un geste que le malade pensait protecteur, ou traiter un échec thérapeutique comme une intention malveillante. L'étude des actes de Couchant illustre ce glissement.10
Un chapitre de référence doit aussi traiter les accusations à contenu sexuel, les examens corporels forcés et l'exploitation de la réputation de certaines femmes sans exploiter ces violences comme spectacle. Les catégories de « marque », de « froideur » ou de relations diaboliques appartiennent aux représentations rapportées par des sources écrites sous contrainte. Pour une lecture actuelle, les personnes poursuivies demeurent des sujets de droit et d'histoire ; leurs corps ne sont pas des objets d'exposition.
VI. Qui pouvait juger ? Un paysage judiciaire morcelé
Parler de « l'Inquisition » comme d'une autorité unique dirigeant tous les bûchers d'Europe est historiquement inexact. Les poursuites ont dépendu de seigneuries, villes, bailliages, tribunaux ecclésiastiques, cours civiles, juridictions territoriales et systèmes mixtes. Dans le Pays de Vaud de la fin du Moyen Âge, les conflits entre autorités font partie des sources éditées en 2025. À Saint-Ursanne, les registres de l'ancien Évêché de Bâle documentent d'autres institutions et d'autres usages. Un même type d'accusation peut ainsi suivre des chemins judiciaires très différents.11
Une chronologie d'un dossier doit différencier plainte, déposition, arrestation, information secrète, interrogatoire, recours à la torture, reconfession, sentence, détention et exécution. Le résultat peut être la libération, le bannissement, le décès sous détention, la condamnation capitale ou une issue inconnue. Les registres de comptes et les lettres d'autorités complètent parfois les actes judiciaires ; ils peuvent signaler des coûts, des conflits de compétence ou des périodes non conservées dans les procès-verbaux. Aucune catégorie ne doit être fusionnée avec une autre pour créer un total spectaculaire.12
L'« urphède » signalée dans les archives jurassiennes est un bon exemple de vocabulaire juridiquement piégeux : un engagement de ne pas se venger après une libération n'est pas automatiquement un jugement moderne d'innocence. À l'inverse, la mention d'une sentence de mort dans un inventaire ne prouve pas, sans document supplémentaire, le lieu et la date de l'exécution. C'est pourquoi notre registre documentaire conserve les folios du PCrim Py I/2, les dossiers B 168 et les informations sur la provenance des actes.
VII. La procédure peut produire le récit qu'elle prétend vérifier
Lorsqu'une personne est interrogée sur un pacte auquel le juge croit déjà, ses réponses ne viennent pas d'une conversation ordinaire. L'interrogateur connaît des catégories, demande parfois des noms, insiste sur des détails et peut recommencer jusqu'à obtenir une narration conforme à ses attentes. Le greffier résume, transforme le discours direct en discours indirect et insère le récit dans un formulaire judiciaire. La répétition ultérieure de la même accusation par d'autres témoins peut créer une boucle : on tient pour preuve ce que le dispositif a lui-même encouragé à déclarer.13
Georges Lüdi a analysé dans un chapitre de 2009 les confessions des procès jurassiens et neuchâtelois comme un genre textuel. Son corpus comprend des affaires du Val-de-Travers dès 1481 et des procès de Saint-Ursanne en 1596. Il étudie des réseaux de mots récurrents, notamment le diable, la prétendue secte et les maléfices, et la manière dont les récits locaux empruntent des structures narratives communes. Son interprétation explique pourquoi une confession officielle n'est pas le miroir transparent d'une voix individuelle, tout en laissant ouverte l'analyse précise de chaque greffier.14
La conclusion méthodologique est fondamentale : plusieurs actes judiciaires répétant une même scène ne représentent pas nécessairement plusieurs témoignages indépendants de cette scène. L'historien doit rechercher la chronologie des dépositions, les relations entre témoins, les formes de contrainte, les retours de l'accusation dans les questions et les variantes de copie. Une enquête exhaustive privilégiera la confrontation des images, des transcriptions et des traductions ; elle signalera chaque fois que la source n'est connue qu'à travers un résumé d'inventaire.
VIII. Torture, rétractation et faux confort des aveux « libres »
La torture a joué un rôle crucial dans certaines juridictions, mais ni son usage ni ses modalités n'ont été constants en Europe. Son histoire doit être écrite d'après les protocoles, ordres, restrictions et témoignages de chaque lieu. La menace elle-même peut modifier une réponse. Une personne peut avouer avant le premier tourment en redoutant ce qui vient, se rétracter ensuite, puis répéter le récit sous une nouvelle contrainte. Classer le dernier acte comme une confession « libre » sans reconstituer cet enchaînement transforme une qualification administrative en fait psychologique.15
Le procès de Jacques Couchant fournit un exemple de cette difficulté. Les fichiers d'images et de transcription de l'Université de Berne permettent de confronter les pages de février et de mars 1594 avec les derniers aveux de mai. Dans les interrogatoires, une rétractation et l'usage de la torture sont documentés ; le préambule ultérieur présente pourtant les déclarations comme reconnues « librement ». L'écart ne montre pas que chaque mot final fut inventé, mais il interdit de présenter la formule du greffier comme la preuve d'un consentement sans contrainte. Quatre pages initiales puis d'autres pages de témoins ont été inspectées visuellement.16
Un juge peut recevoir des aveux que le droit de son temps traite comme une preuve, et un historien peut constater que ces aveux ne satisfont pas une exigence de fiabilité. La question n'est pas seulement de dénoncer la cruauté de la torture, mais de comprendre son effet sur la production des connaissances judiciaires : l'accusé apprend le scénario attendu, cite de nouveaux noms, et ces noms deviennent parfois les points de départ d'autres procédures. Les critiques de Weyer et de Spee permettent d'étudier cette mécanique dans les débats des XVIe et XVIIe siècles.
IX. Le Malleus Maleficarum : influence, limites et chronologie
Le Malleus Maleficarum, imprimé vers 1486–1487 et associé à Heinrich Kramer, occupe une place importante dans l'histoire de la démonologie judiciaire. Il n'est pourtant ni le premier texte à imaginer un sabbat ni un code de procédure obligatoire pour tous les tribunaux. Les éditions et rééditions contribuent à la diffusion d'un vocabulaire et d'un argumentaire. L'historien doit distinguer la portée d'un imprimé, l'autorité revendiquée par son auteur et son emploi réel dans une juridiction particulière. Une page du Malleus ne saurait remplacer la preuve qu'un magistrat local l'aurait consultée.17
Dans la partie consacrée aux procédures, le texte traite des témoins, des inimitiés et des soupçons. Des catégories qui peuvent paraître protectrices au premier abord doivent être examinées dans leur fonctionnement effectif : lorsqu'une exception à la fiabilité des témoins est réduite, l'accusé risque de perdre une garantie décisive. La présence de règles de droit ne suffit pas à prouver une procédure équitable. Les recherches déjà publiées sur Tactiques confrontent cette logique à Weyer et à Spee, dont les objections montrent que les contemporains eux-mêmes contestaient la solidité de certaines accusations.18
Réduire les persécutions à un livre unique, à la haine de toutes les femmes ou à une injonction uniforme de « l'Église » ferait disparaître les conflits de juridiction, les juges réticents, les systèmes de contrôle et les accusations visant des hommes. La responsabilité des auteurs demeure historique et analysable, mais elle doit être démontrée dans les documents. Les traités anciens précédant Kramer, notamment ceux de Vinet, Jacquier et Mamoris, constituent des repères indispensables pour ne pas antidater les innovations intellectuelles.
X. XVIe et XVIIe siècles : crises, vagues locales et contextes confessionnels
Les grandes vagues de procès ne se déroulent ni partout au même moment ni selon un mouvement linéaire. Les années 1450, 1580, 1620 ou 1660 peuvent correspondre à des phases très différentes d'une région à l'autre. Des changements de juridiction, guerres, mauvaises récoltes, tensions religieuses, conflits de voisinage et décisions de quelques magistrats influencent la chronologie ; aucun de ces facteurs isolés ne constitue une cause universelle. Les historiens suivent les épisodes localisés, les périodes d'accalmie et les reprises plutôt que de dessiner une courbe imaginaire pour l'ensemble de l'Europe.19
La Réforme et la Contre-Réforme modifient certaines institutions et représentations religieuses, mais elles ne séparent pas un camp persécuteur d'un camp protecteur. Des territoires catholiques et protestants ont mené des poursuites, tandis que d'autres cours situées dans chacune de ces traditions se sont montrées plus prudentes. Les systèmes judiciaires civils, les autorités territoriales et les mécanismes de révision influencent parfois davantage les taux de condamnation que la seule appartenance confessionnelle. Il importe donc de nommer les autorités et d'éviter les tableaux de culpabilité collective.20
Comparer les crises climatiques, épidémies ou difficultés économiques aux procès implique de vérifier la temporalité et de tester d'autres explications. Il ne suffit pas de juxtaposer une mauvaise récolte et des accusations pour conclure que l'une a causé l'autre. Les relations entre rivalités familiales, réputation de guérisseur, accès aux ressources, politiques des princes et force des juridictions doivent être documentées à l'échelle des communautés. Les archives de comptes, de paroisses et de justice fournissent une partie de ces vérifications.
XI. Qui était accusé ? Genre, âge, métier et vulnérabilités
Les femmes représentent une forte majorité des personnes poursuivies dans de nombreux ensembles de procès de l'époque moderne, et certains discours démonologiques reposent explicitement sur des préjugés misogynes. Mais les proportions varient profondément selon les territoires et les siècles. L'édition scientifique de 2025 consacrée au Pays de Vaud médiéval fait apparaître une centaine de personnes incriminées, majoritairement des hommes dans ce corpus. Cette observation interdit d'imposer rétrospectivement à toute l'histoire alpine l'image statistique des grandes chasses féminines ultérieures. Une analyse du genre doit toujours préciser les séries qu'elle étudie.21
La situation familiale, le travail, le veuvage et les connaissances thérapeutiques peuvent compter dans la réputation d'une personne, mais aucune combinaison ne décrit tous les cas. Parmi les dossiers jurassiens étudiés figure Marguerite Frantz, sage-femme à Cornol et libérée sous urphède en 1595 ; Jacques Couchant est un homme originaire de Saint-Sulpice et poursuivi comme guérisseur en 1594 ; Jeanne Mittet, veuve d'un charbonnier à Montmelon, est condamnée en 1596. Leurs trajectoires illustrent des situations très différentes et ne constituent pas à elles seules une typologie exhaustive.22
Il importe aussi de distinguer identité historique et désignation dans les registres. Jeanne Mittet est la même personne que la « veuve Koller » du dossier collectif ; créer deux entrées séparées produirait une victime fictive. Une accusation peut contenir une simple parenté, une profession ou un surnom sans prénom stable. Les femmes citées comme prétendues complices doivent être distinguées de celles qui ont été effectivement inculpées, détenues ou condamnées. Le respect des personnes commence par une prosopographie précise.
XII. Croire, dénoncer, soupçonner : l'économie locale de l'accusation
Une vache malade, un enfant décédé ou des récoltes perdues constituent des événements réels ou rapportés qui ne désignent pas leur cause. Les témoins peuvent reconstruire une séquence où une dispute précédait la perte d'un animal, puis attribuer à un voisin une intention hostile. Les institutions introduisent d'autres questions : qui connaissait une prière, qui possédait une poudre, qui avait parlé d'un esprit ou d'une secte ? Il faut examiner ce passage du malheur à la faute, puis de la faute alléguée au crime démonologique. La procédure ne doit pas être confondue avec un diagnostic scientifique.23
Dans les témoignages de 1594 relatifs à Jacques Couchant, les dossiers de Vendlincourt et de Courtemautruy rapportent des issues différentes de soins : une guérison selon certains témoins, un décès ou un échec selon d'autres. La consultation des pages manuscrites permet de restituer ces différences sans les réduire à la figure d'un sorcier omnipotent. Des femmes du voisinage sont aussi soupçonnées de maladies prétendument infligées. Le fait qu'une accusation soit répétée sous serment la situe dans une interaction judiciaire, non dans une connaissance démontrée de la cause.24
Les réseaux d'accusation constituent donc un objet de recherche, mais ils exigent des preuves de lien. Pour démontrer une circulation, on doit suivre les dates des dépositions, les autorités communes, les témoins présents et les personnes qui ont accès à une information. Deux procès rapprochés peuvent partager un greffier, un magistrat ou une rumeur ; ils peuvent aussi se ressembler parce qu'un schéma rédactionnel est largement répandu. La comparaison ne dispense pas de travailler sur les variantes locales.
XIII. Les chiffres : accusés, procès, condamnés, exécutés
Les totaux globaux de plusieurs millions de « sorcières brûlées » relèvent de constructions historiques non étayées par les travaux documentaires contemporains. La recherche situe généralement les exécutions européennes à l'ordre de grandeur de plusieurs dizaines de milliers, avec des estimations dépendant de la période retenue, des archives perdues et de l'extrapolation choisie. Le Survey of Scottish Witchcraft rappelle expressément qu'un total d'accusations documentées ne correspond pas à un nombre d'exécutions. Il serait tout aussi inexact d'affirmer un chiffre unique d'une précision apparente et de le présenter comme un décompte exhaustif.25
Une base importante d'Édimbourg contient 3 837 cas ou mentions d'accusation de 1563 à 1736 : 3 212 personnes nommées et 625 entrées anonymes ou collectives selon sa documentation. Les auteurs avertissent que certains dossiers attestent une autorisation de poursuite sans preuve du procès lui-même ni de son issue. Ces détails changent le raisonnement : un groupe anonyme peut être enregistré dans une seule entrée, une personne identifiée peut être évoquée plusieurs fois, et la sentence peut manquer. La mesure exige un modèle de données qui conserve les inconnues et la qualité de chaque attestation.26
Pour Tactiques, chaque statistique devra comporter un territoire, une période, une définition, une source et, lorsque c'est possible, une méthode de calcul. L'indication « sept boîtes d'archives » à l'Évêché de Bâle ne désigne pas sept procès ; les vingt-six dossiers du registre Ac 29 ne couvrent pas toutes les poursuites vaudoises. Les personnes déclarées mortes en prison ne doivent pas être comptabilisées à la fois comme exécutées et comme condamnées. Une page de méthode publique accompagnera les futures visualisations chiffrées.
XIV. Le Pays de Vaud : l'édition Ac 29 et les dossiers dispersés
La publication en 2025 des deux tomes La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), par Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, offre un socle rare. Le premier tome réunit les vingt-six procès du registre Ac 29 aux Archives cantonales vaudoises. Le second rassemble des actes dispersés, conflits de juridiction et comptes. Les auteurs signalent une centaine d'individus incriminés, majoritairement des hommes dans ce corpus. La chronologie s'arrête à la conquête bernoise de 1536 : ce bornage permet des études précises sans confondre la période médiévale et les épisodes beaucoup plus tardifs de Chillon.27
Les documents comptables sont particulièrement utiles. Ils peuvent éclairer les voyages et salaires d'officiers, la garde des accusés, les coûts des procédures, certaines confiscations et les revenus liés aux condamnations. Il serait cependant imprudent d'attribuer mécaniquement un bénéfice financier à chaque procès ou de construire une théorie d'intérêt économique universel. L'analyse doit montrer les écritures et les responsables, puis étudier qui supporte les dépenses et à quelle date. La justice est aussi une administration, dont les papiers complètent les récits d'interrogatoire.28
Le chantier déjà publié sur Tactiques donne des points d'entrée pour Vevey en 1448, Chillon et les territoires vaudois aux XVIe et XVIIe siècles. La monographie de Martine Ostorero sur Vevey reproduit notamment trois procès avec édition du latin et traduction française. Les notices ont été repérées dans les catalogues de bibliothèques ; seule la lecture des textes intégraux autorisera ensuite des citations précises. L'édition numérique des Sources du droit suisse doit devenir l'outil de consultation de référence pour chaque pièce disponible.
XV. De Saint-Sulpice à l'Évêché de Bâle : Jacques Couchant en 1594
Le cas de Jacques Couchant révèle la circulation des personnes et des accusations entre juridictions. Natif de Saint-Sulpice dans le Val-de-Travers, il est poursuivi par les autorités de la principauté épiscopale de Bâle. Le dossier B 168/14-23 comporte quatre pièces couvrant de février à mai 1594. Les inventaires racontent son commerce du vin, ses déplacements, ses pratiques de guérison d'humains et d'animaux et sa mise en accusation. Sa provenance ne signifie pas que son jugement a eu lieu à Saint-Sulpice ; les limites des cantons actuels ne permettent pas de replacer directement les tribunaux anciens.29
Les quatre fichiers numériques de l'Université de Berne ont permis d'extraire 1 593 lignes de transcription sur quarante-huit images de pages comportant du texte, et onze images ont été contrôlées visuellement dans les étapes précédentes. Les pièces montrent des interrogatoires, de la torture, une rétractation, des témoignages et une déclaration finale. La première page de la pièce finale annonce la mort par le feu le 25 mai 1594 ; l'inventaire renvoie aussi à PCrim Py I/2, folio 40. Cette cote de sentence demeure à consulter directement. Les transcriptions numériques ne valent pas collation paléographique exhaustive.30
La source fait apparaître un problème décisif : la dernière rédaction présente les déclarations comme « librement » reconnues, alors que des actes antérieurs mentionnent la torture et le retrait de certains aveux. Le mot du greffier et la situation de l'accusé ne sont pas interchangeables. Le grand dossier renvoie à l'étude de cas détaillée, au registre de preuves et aux notices de chaque pièce. L'enjeu n'est pas de raconter un épisode étrange, mais de mettre au jour le fonctionnement d'une procédure pouvant transformer les soins et les rumeurs en condamnation.
XVI. Cornol et Saint-Ursanne : quatre femmes, quatre issues judiciaires
Dans les Archives de l'ancien Évêché de Bâle, les années 1595–1596 offrent une comparaison particulièrement éclairante. Marguerite Frantz, sage-femme de Cornol, est libérée sous urphède après avoir refusé d'avouer malgré la torture. Thonnette Perret ou Grillon, à Saint-Ursanne, conteste des aveux qu'elle dit arrachés sous la torture ; les juges hésitent et la condamnent finalement à mort. Jeanne Mittet, également nommée veuve Koller, reçoit selon l'inventaire une condamnation capitale. Claude, épouse de Nicolas Cugnotet, meurt en prison après avoir été torturée.31
Ces faits ne composent pas quatre variantes d'un même verdict. Le décès de Claude n'est pas une exécution par jugement attestée ; la libération de Marguerite n'efface pas sa détention ; les deux noms de Jeanne désignent une seule personne. Les sources renvoient à différentes pièces, dont des informations secrètes collectives et les folios PCrim Py I/2 55 et 57 verso–60. L'histoire de ces femmes exige de restituer leur situation sociale, l'origine des accusations et les limites des inventaires tant que les sentences originales ne sont pas intégralement collationnées.32
On découvre aussi que les mêmes communautés connaissent des récits de guérison, des conflits de voisinage et des personnes soupçonnées à plusieurs reprises. Le dossier ne permet pas de déduire que les magistrats croyaient tous également au même scénario ni que les femmes entretenaient une organisation commune. Une accusation reprise depuis un autre procès reste à identifier comme transmission, non comme corroboration indépendante. La comparaison permet surtout de questionner les conditions de rétractation et la valeur accordée aux aveux dans des procédures contemporaines mais de résultats divergents.
XVII. Comparer l'Europe : Écosse, péninsule Ibérique et Italie
La diversité des systèmes judiciaires apparaît particulièrement bien dans les études de la péninsule Ibérique et de l'Italie. Les travaux recensés par Oxford sur l'Espagne et le Portugal montrent que certaines juridictions inquisitoriales se montrèrent sceptiques envers la conception cumulant pacte, sabbat et maléfices. Des mécanismes de contrôle cherchaient parfois à limiter l'initiative de tribunaux civils, sans réussir uniformément dans toutes les régions. La situation pouvait différer entre Castille, Aragon, Portugal et territoires liés à l'Empire espagnol. La compétence du tribunal doit donc être précisée avant toute comparaison.33
En Italie, l'historiographie distingue le Saint-Office romain, ses directives restrictives et les tribunaux séculiers. Des instructions en matière de prétendues assemblées de sorcières et des précautions procédurales existent à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Cela ne rend pas ces institutions exemptes de violence ou de responsabilités, mais empêche d'imaginer que tous les tribunaux catholiques se comportaient exactement comme une cour civile particulièrement répressive d'Europe centrale. Le plus important est de décrire l'usage des garanties et les réelles possibilités de contrôle judiciaire.34
L'Écosse offre, avec le Survey of Scottish Witchcraft, un instrument différent : une base scientifique de milliers d'accusations consultable par nom, date, localité, sexe et caractère de l'affaire. L'archive rappelle elle-même ses limites. Il serait absurde d'utiliser ses 3 837 enregistrements comme un total de condamnés. C'est un modèle pour notre méthodologie : publier les dénominateurs, distinguer le renseignement manquant de la valeur zéro et relier, quand elles existent, les décisions aux personnes plutôt qu'aux seules accusations.
XVIII. De l'Europe à Salem : similitudes apparentes, institutions différentes
Les procès de Salem en 1692 appartiennent à une colonie anglaise d'Amérique du Nord et à des institutions distinctes des juridictions alpines du XVe siècle. Leur histoire mérite de figurer dans une somme comparative, mais pas comme la simple continuation d'un programme européen identique. L'archive documentaire de l'Université de Virginie met à disposition les registres de cours, des lettres, des sermons, un journal et des cartes. La reconstruction d'un événement exige de distinguer les textes contemporains, les compilations postérieures, les éditions modernes et les lieux où les accusations se sont effectivement propagées.35
Le problème de la preuve reste comparable : une plainte liée à des événements mal compris, des témoins ou autorités convaincus d'une action invisible, des accusations répétées et une procédure capable de consolider sa propre hypothèse. Pourtant, les concepts juridiques et les formes institutionnelles ne sont pas les mêmes. Les catégories de procédure continentale ou de torture ne peuvent pas être importées telles quelles dans le Massachusetts puritain. Une étude de cas transatlantique devra s'appuyer sur les transcriptions de Salem plutôt que sur les images construites par le cinéma.36
L'archive de Salem rappelle une leçon qui vaut aussi pour Vevey, Cornol ou Neuchâtel : il faut examiner la chronologie individuelle des accusations et ne pas transformer les victimes en archétypes. Les registres, lettres et sermons peuvent se contredire ou donner des points de vue divergents. Une somme documentaire doit rendre visible cette pluralité et expliquer pourquoi les résultats n'autorisent pas une statistique ou une causalité européenne uniforme.
XIX. Les résistances : Weyer, Spee et les limites imposées aux poursuites
Il est important de ne pas représenter tous les intellectuels et autorités des XVIe et XVIIe siècles comme unanimement favorables à la répression. Johann Weyer, dont le De praestigiis daemonum paraît en 1563, conteste certaines poursuites et propose des lectures alternatives de comportements interprétés comme signes démoniaques. Il conserve pourtant de nombreuses catégories religieuses de son temps : il serait anachronique d'en faire un médecin ou un rationaliste entièrement moderne. L'intérêt historique est précisément qu'une objection au procès pouvait naître à l'intérieur de l'univers doctrinal qui le rendait possible.37
Friedrich Spee, dans la Cautio criminalis de 1631, examine les faiblesses d'une procédure où la torture et les dénonciations peuvent produire autant de prétendus coupables que l'on souhaite. Son raisonnement souligne le danger de traiter une chaîne d'aveux comme une démonstration indépendante. On doit conserver la datation, le public et l'argument exact de ces textes, sans les ériger en seule cause du déclin des procès. Les critiques ne provenaient pas d'un camp unique, et les décisions judiciaires restaient prises par des autorités diverses.38
Des cours inquisitoriales d'Italie et de la péninsule Ibérique ont également développé des réserves quant à certaines accusations et des restrictions de procédure. L'existence de garanties ou de critiques n'implique toutefois pas leur application constante. Les résistances peuvent être institutionnelles, théologiques, médicales, juridiques ou locales. Leur histoire permet de comprendre que l'Europe n'a pas attendu notre époque pour discuter l'injustice d'aveux contraints et la fragilité d'accusations invérifiables.
XX. Recul des chasses, mémoire des victimes et programme d'une édition de référence
Le recul des poursuites ne survient pas simultanément dans chaque territoire. Il résulte de modifications du droit de la preuve, de procédures d'appel ou de révision, du scepticisme de magistrats et d'intellectuels, de la transformation des rapports entre autorités et de la moindre crédibilité accordée à certaines accusations. Cette pluralité interdit de fixer une date unique à la « fin de la chasse aux sorcières ». Les survivances tardives et les relectures contemporaines devront faire l'objet de dossiers contextualisés, et non d'un épilogue affirmant simplement que les Lumières auraient mis fin partout au phénomène.39
La mémoire des victimes demande une vigilance particulière. Les artistes, récits locaux, monuments et romans rendent parfois visibles des vies oubliées, mais peuvent aussi ajouter des détails dont aucune archive ne garde trace. La justice historique n'exige pas de remplacer les juges par de nouveaux mythes : elle requiert de nommer les personnes avec prudence, de reconnaître les violences attestées, de distinguer les accusations des faits et de préciser les inconnues. Une présentation chrétienne honnête doit également accepter l'examen des responsabilités institutionnelles sans transformer l'histoire en polémique confessionnelle.40
Ce chapitre est le centre d'un programme éditorial durable. Le prochain degré de précision consiste à indexer chaque pièce par cote, folio, auteur, langue, date, personne, statut et type d'affirmation ; à confronter transcriptions et images ; à ouvrir les sentences encore non consultées ; à organiser une chronologie comparative et une bibliographie structurée. Les développements sur le Valais, Vaud, le Jura, Neuchâtel, l'Italie, l'Écosse et Salem pourront ensuite constituer des volumes complémentaires. Le site doit rester lisible par tous tout en permettant à un historien de retrouver l'origine de chaque proposition.
Ce grand chapitre constitue le centre d'une édition documentaire évolutive. Les procès et les croyances des juges sont des faits historiques ; l'existence d'une puissance surnaturelle coupable de maladies et de maléfices n'est pas démontrée par les actes. La critique des preuves, l'identité des victimes, les divergences institutionnelles et la traçabilité de chaque référence guident la suite.
Appareil critique
Notes et références
Les indications bibliographiques sans pagination sont des références de repérage, non des citations vérifiées page par page. Lire les conventions éditoriales.
- Réserve documentaire
Le terme « sorcier » indique ici une accusation historique, non une caractérisation validée des personnes. La critique des registres sépare plainte, interrogation, verdict et issue.
Synthèse historiographique : procès de sorcellerie en Europe, XVᵉ–XVIIᵉ siècles · AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Lüdi (2009) analyse les confessions comme un genre textuel judiciaire, non comme une transcription objective de la parole personnelle des accusés.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197↩ Revenir au texte - Transmission textuelle
L'édition de 1999 réunit des textes antérieurs au Malleus qui composent progressivement l'imaginaire du sabbat ; une représentation attestée ne démontre pas la pratique représentée.
Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999 · Martine Ostorero, Le diable au sabbat : littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), SISMEL, 2011↩ Revenir au texte - Philologie
« Sabbat », « secte », « hérésie » et « maléfice » appartiennent à des couches historiques et textuelles différentes. Leurs usages doivent être datés et attribués à chaque source.
Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999 · Martine Ostorero, Le diable au sabbat : littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), SISMEL, 2011↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Le rapport attribué à Hans Fründ concernant le diocèse de Sion dès 1428 est édité dans L'imaginaire du sabbat (1999) ; consulter le texte et son appareil avant de citer des épisodes nominatifs.
Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999↩ Revenir au texte - Source primaire
L'édition savante réunit cinq textes (Fründ, Nider, Errores gazariorum, Tholosan, Le Franc), non cinq dépositions d'un même procès.
Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
L'analogie des séquences ne constitue pas la preuve d'une assemblée réelle, ni d'une influence directe d'un traité sur un magistrat particulier.
Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999 · Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Ostorero (2011), dans une monographie connue par ses comptes rendus, étudie Vinet, Jacquier et Mamoris avant le Malleus ; ouvrage complet à lire pour citation paginée.
Martine Ostorero, Le diable au sabbat : littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), SISMEL, 2011↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les « marques » et objets présents dans les procès sont des descriptions attribuées à des enquêteurs ou témoins : ne pas déduire une causalité démoniaque.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596↩ Revenir au texte - Source primaire
Le dossier Couchant atteste des pratiques de soins et des événements distincts au moyen de témoignages et d'interrogatoires ; les causalités médicales alléguées ne sont pas établies.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17↩ Revenir au texte - Source primaire
Les deux volumes vaudois de 2025 rassemblent le registre Ac 29 et une documentation éparse permettant d'étudier les conflits de juridiction et les coûts.
Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025↩ Revenir au texte - Philologie
Urphède, reconfession, sentence et décès en prison sont des catégories documentaires distinctes, non quatre variantes d'un verdict unique.
AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670 · AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Georges Lüdi, « Confessions criminelles » (2009), p. 175–197, chapitre lu sur le dépôt de l'Université de Neuchâtel, rapproche les conventions rédactionnelles des juridictions jurassiennes.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Une plainte mentionnée dans plusieurs pièces peut avoir une seule origine ; ce n'est pas automatiquement une pluralité de confirmations indépendantes.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Source primaire
Les interrogatoires de Couchant (.1) et la pièce finale (.4) sont documentés par les PAGE XML de l'Université de Berne ; les images contrôlées montrent une rétractation et des références à la torture.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
La formule finale « librement » appartient au préambule judiciaire ; la comparer aux pages relatives à la torture et à la rétractation interdit une lecture naïve de l'aveu.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
L'édition du Malleus vers 1486–1487 ne marque pas l'origine de l'imaginaire du sabbat, déjà développé dans des textes du XVe siècle.
Malleus maleficarum, partie III, première série, questions IV–V et seconde série, XII · Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999 · Martine Ostorero, Le diable au sabbat : littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), SISMEL, 2011↩ Revenir au texte - Philologie
Les critères d'inimitié et de témoignage dans le Malleus doivent être analysés dans leur formulation et non interprétés comme la garantie d'un contradictoire équitable.
Malleus maleficarum, partie III, première série, questions IV–V et seconde série, XII↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les chronologies locales ne peuvent pas être remplacées par une vague européenne unique ; comparaisons géographiques et méthodes de collecte sont indispensables.
E. William Monter, Witchcraft in France and Switzerland: The Borderlands During the Reformation, Cornell University Press, 1976 · Synthèse historiographique : procès de sorcellerie en Europe, XVᵉ–XVIIᵉ siècles · Julian Goodare, Louise Yeoman, Lauren Martin, Joyce Miller, The Survey of Scottish Witchcraft, University of Edinburgh (2003, dépôt 2010)↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
Les pratiques diffèrent selon juridictions civiles, ecclésiastiques et territoriales, y compris au sein d'une même confession.
Witchcraft in Iberia, The Oxford Handbook of Witchcraft in Early Modern Europe and Colonial America, Oxford University Press, 2013, p. 268–282 · Witch Hunting and Prosecuting in Early Modern Italy: A Historiographical Survey, Religions, 14(5), 610, 2023↩ Revenir au texte - Source primaire
L'édition Ac 29 de 2025 décrit une centaine d'accusés, majoritairement des hommes dans ce corpus médiéval particulier ; ne pas généraliser cette proportion.
Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025↩ Revenir au texte - Source primaire
Marguerite Frantz, Jeanne Mittet et Jacques Couchant illustrent la diversité des genres, professions et issues, sans constituer un échantillon représentatif.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4↩ Revenir au texte - Source primaire
Les dossiers de témoignages B 168/14-23.2 et .3 contiennent des guérisons et échecs déclarés, sans vérification de cause médicale.
AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les personnes désignées comme complices par un témoin ne deviennent pas des personnes jugées ou condamnées sans pièce distincte.
AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
La FAQ du Survey d'Édimbourg rejette les totaux d'exécutions en millions et souligne les difficultés de connaître la sentence et l'issue des dossiers.
Survey of Scottish Witchcraft, methodological FAQ: How many witches and how many executions?, University of Edinburgh↩ Revenir au texte - Source primaire
3 837 est le total de cas ou mentions d'accusation dans la base écossaise ; il ne représente pas 3 837 exécutions.
Julian Goodare, Louise Yeoman, Lauren Martin, Joyce Miller, The Survey of Scottish Witchcraft, University of Edinburgh (2003, dépôt 2010) · Survey of Scottish Witchcraft, methodological FAQ: How many witches and how many executions?, University of Edinburgh↩ Revenir au texte - Source primaire
La publication SDS VD D1–D2 (2025) réunit 26 procès Ac 29 et des pièces comptables et judiciaires dispersées ; dates 1438–1536.
Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Les comptes permettent d'étudier coûts et bénéfices dans certains dossiers, sans démontrer que les considérations économiques expliquent toutes les affaires.
Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025 · Martine Ostorero, La chasse aux sorcières dans le Pays de Vaud (XVe–XVIIe siècles), Fondation du Château de Chillon, 2011↩ Revenir au texte - Source primaire
La cote AAEB B 168/14-23 concerne Couchant ; il ne faut pas confondre son origine à Saint-Sulpice avec la juridiction poursuivante.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670↩ Revenir au texte - Philologie
Quatre fichiers universitaires donnent 48 pages avec texte et 1 593 lignes extraites : la collation visuelle effectuée n'est pas exhaustive et ne remplace pas la sentence fol. 40.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Source primaire
Les issues des procès Frantz, Grillon, Mittet et Claude Cugnotet sont résumées dans les notices AAEB ; les dossiers complets ne sont pas tous collationnés.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
La mort de Claude après torture est indiquée par la notice du rapport collectif ; elle ne doit pas être comptée mécaniquement comme une exécution judiciaire.
AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Le résumé du Oxford Handbook sur la péninsule Ibérique décrit des différences de juridiction et de scepticisme ; le chapitre entier n'a pas été lu.
Witchcraft in Iberia, The Oxford Handbook of Witchcraft in Early Modern Europe and Colonial America, Oxford University Press, 2013, p. 268–282↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Une synthèse universitaire sur l'Italie traite des restrictions de l'Inquisition romaine et des compétences des juges séculiers. Elle n'efface pas les violences attestées.
Witch Hunting and Prosecuting in Early Modern Italy: A Historiographical Survey, Religions, 14(5), 610, 2023↩ Revenir au texte - Source primaire
Le Salem Witch Trials Documentary Archive (Université de Virginie) donne accès à plusieurs types d'actes du Massachusetts colonial.
Benjamin Ray (dir.), Salem Witch Trials Documentary Archive and Transcription Project, University of Virginia↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
Les tribunaux coloniaux de Salem ne fonctionnaient pas comme les tribunaux alpins médiévaux ; analogie de mécanisme probatoire n'implique pas identité des procédures.
Benjamin Ray (dir.), Salem Witch Trials Documentary Archive and Transcription Project, University of Virginia · Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Weyer (1563) conteste des poursuites sans quitter l'ensemble des concepts démonologiques de son époque ; ne pas lui prêter une position anachronique.
Johann Weyer, De praestigiis daemonum et incantationibus ac veneficiis, édition de Bâle 1563↩ Revenir au texte - Source primaire
La Cautio criminalis de Spee (1631) met en cause l'usage des aveux sous torture et les chaînes d'accusations.
Friedrich Spee, Cautio criminalis, édition de 1631, questions sur la torture et les témoignages↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Le recul des poursuites varie selon les juridictions ; il ne peut être expliqué par une seule date ou un seul changement intellectuel.
Witchcraft in Iberia, The Oxford Handbook of Witchcraft in Early Modern Europe and Colonial America, Oxford University Press, 2013, p. 268–282 · Witch Hunting and Prosecuting in Early Modern Italy: A Historiographical Survey, Religions, 14(5), 610, 2023 · Survey of Scottish Witchcraft, methodological FAQ: How many witches and how many executions?, University of Edinburgh↩ Revenir au texte - Lecture théologique
L'appareil critique distingue systématiquement le langage accusatoire, les faits judiciaires vérifiés et les interprétations chrétiennes. Aucun pacte démoniaque n'est admis comme fait.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197 · AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670↩ Revenir au texte
Éditions et sources du réseau Savoy
Vérifier les textes cités.
Textes analysés dans cette étude
Jeanne Mittet, dite veuve Koller — Montmelon, 1596
L'inventaire des Archives établit que Jeanne Mittet, veuve d'un charbonnier de Montmelon, et Jeanne appelée « veuve Koller » dans un dossier connexe sont une seule personne ; une condamnation à mort e
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595Marguerite Frantz, sage-femme de Cornol — Procès et libération en 1595
Les Archives identifient Marguerite Frantz, épouse d'Étienne Bougeon et sage-femme à Cornol ; elles indiquent qu'elle a résisté à la torture, n'a pas avoué et a été libérée sous urphède.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596Rapport collectif : Jeanne, Thonnette, Claude et Catherine (septembre 1596)
Un dossier collectif de l'administration met en relation Jeanne Mittet/Koller, Thonnette Grillon, Claude Cugnotet et Catherine Siron ; les archives distinguent leurs sorts judiciaires.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670AAEB — Dossiers de sorcellerie, série B 168/14 à 19 (1546–1670)
L'inventaire général identifie les différents documents qui pouvaient composer une enquête, notamment les témoignages, les interrogatoires, les reconfessions, les urphèdes, les sentences et les compte
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596Thonnette Perret ou Grillon — Contestation d’aveux et condamnation en 1596
Le dossier de Saint-Ursanne porte entre autres sur Thonnette, dite Antoinette, épouse de Thibaud Grillon ; elle contesta des aveux comme arrachés sous la torture avant une condamnation capitale.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Martine Ostorero, La chasse aux sorcières dans le Pays de Vaud (XVe–XVIIe siècles), Fondation du Château de Chillon, 2011Chillon, Vevey et la Tour-de-Peilz — Les poursuites des XVIe–XVIIe siècles
Le château de Chillon apparaît comme un lieu de détention dans les poursuites vaudoises. Le catalogue de 2011 cite des exécutions dans la région sous le bailli Nicolas de Watteville (1595–1601).
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16Jacques Couchant — Interrogatoires de février à mai 1594
Le résumé archivistique présente une succession d’interrogatoires, des soins et prières attribués à Couchant, puis la torture, la rétractation et de nouveaux aveux.
Ouvrir la notice ↗Digital Humanities @ University of Bern et Archives de l’ancien Évêché de Bâle · Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4Université de Berne — Images et transcriptions PAGE XML du procès Couchant
Le dépôt universitaire fournit pour les quatre pièces du procès 48 images avec leurs textes structurés, permettant de localiser les mentions de torture, de rétractation, d’aveux et d’exécution directe
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17Jacques Couchant — Témoignages de Porrentruy et Vendlincourt, 12 mars 1594
Les AAEB identifient cinq dépositions, dont celles d’un employeur, de proches d’enfants soignés et de personnes ayant connu Couchant comme guérisseur.
Ouvrir la notice ↗Université d’Édimbourg, histoire sociale et base de données · Julian Goodare, Louise Yeoman, Lauren Martin, Joyce Miller, The Survey of Scottish Witchcraft, University of Edinburgh (2003, dépôt 2010)Édimbourg — Base de données des accusations en Écosse, 1563–1736
Le Survey of Scottish Witchcraft réunit 3 837 cas recensés, dont 3 212 accusés identifiés par leur nom et 625 mentions anonymes ou collectives.
Ouvrir la notice ↗Université de Neuchâtel, sociolinguistique historique · Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197Georges Lüdi (2009) — Les confessions comme genre textuel judiciaire
Georges Lüdi étudie les confessions de sorcellerie du Jura et de Neuchâtel comme une forme de texte produite par des institutions, avec des modèles narratifs récurrents et des variations locales.
Ouvrir la notice ↗Édimbourg, historiographie quantitative · Survey of Scottish Witchcraft, methodological FAQ: How many witches and how many executions?, University of EdinburghÉdimbourg — Méthode de comptage des affaires de sorcellerie
La FAQ distingue les personnes accusées, les procès effectivement tenus, les condamnations et les exécutions dont le résultat a survécu.
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493Vincent Kottelat (2010) — Sorcellerie, secret et médecine populaire
Une étude consacrée à Jacques Couchant confronte guérison populaire, « secret » et procédures criminelles de la fin du XVIe siècle.
Ouvrir la notice ↗Démonologie inquisitoriale et procédure judiciaire de la fin du XVe siècle · Malleus maleficarum, partie III, première série, questions IV–V et seconde série, XIIHeinrich Kramer, Malleus Maleficarum III — Témoins, inimitié et procès
La partie III du Malleus organise les questions de compétence judiciaire, de dénonciation et de recevabilité des témoins ; son chapitre V n'écarte explicitement que certains ennemis personnels qualifi
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · E. William Monter, Witchcraft in France and Switzerland: The Borderlands During the Reformation, Cornell University Press, 1976Monter 1976 — Suisse, Franche-Comté, Neuchâtel et Val-de-Travers
La monographie de Monter étudie les contextes régionaux de Genève, du Jura, de Vaud et de Neuchâtel, y compris le Val-de-Travers, Boudry, Colombier et Valangin.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique des procès de sorcellerie · Martine Ostorero, Le diable au sabbat : littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), SISMEL, 2011Ostorero — Comment la démonologie s’organise entre 1440 et 1460
Cette recherche étudie la mise en forme d'une doctrine du sabbat et de la sorcellerie dans les écrits de théologiens des décennies précédant le Malleus.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique des procès de sorcellerie · Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp, avec Catherine Chène (éd.), L’imaginaire du sabbat, CLHM 26, 1999Naissance de l’imaginaire du sabbat — cinq textes édités (vers 1430–1440)
Cette édition critique rassemble les textes anciens par lesquels s'est développé l'imaginaire du sabbat, avant la diffusion du Malleus Maleficarum.
Ouvrir la notice ↗Oxford Handbook, histoire comparée · Witchcraft in Iberia, The Oxford Handbook of Witchcraft in Early Modern Europe and Colonial America, Oxford University Press, 2013, p. 268–282Péninsule Ibérique — Tribunaux inquisitoriaux et justices civiles
Le chapitre compare les stratégies de contrôle des poursuites dans les inquisitions espagnole et portugaise et les tribunaux séculiers.
Ouvrir la notice ↗Histoire comparée des juridictions européennes · Synthèse historiographique : procès de sorcellerie en Europe, XVᵉ–XVIIᵉ sièclesProcès de sorcellerie européens — Régions et institutions à distinguer
Les chasses aux sorcières ne suivent pas une chronologie ni un droit uniforme : les procédures, les autorités et la part des condamnations diffèrent fortement selon les juridictions.
Ouvrir la notice ↗Histoire de l’Italie moderne, revue scientifique · Witch Hunting and Prosecuting in Early Modern Italy: A Historiographical Survey, Religions, 14(5), 610, 2023Italie — Historiographie des juridictions romaines et civiles
Ce panorama historiographique traite du contrôle exercé par les tribunaux inquisitoriaux italiens et du rôle distinct des juridictions civiles.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Olivier Silberstein, Résister à l’Inquisition : les bourgeois de Neuchâtel contre l’inquisiteur et leur seigneur à la fin du Moyen Âge, Alphil, 2025Olivier Silberstein — Résistances à l’Inquisition et aveux forcés à Neuchâtel
Les travaux de Silberstein portent sur les résistances neuchâteloises à l'inquisiteur et sur la construction des aveux de sorcellerie par persuasion et contrainte.
Ouvrir la notice ↗Critique jésuite des procès de sorcellerie au XVIIe siècle · Friedrich Spee, Cautio criminalis, édition de 1631, questions sur la torture et les témoignagesFriedrich Spee, Cautio criminalis (1631) — Torture et cercle accusatoire
Spee analyse comment la torture, les accusations en chaîne et les présomptions peuvent conduire au verdict même lorsque l'accusé est innocent.
Ouvrir la notice ↗University of Virginia, édition numérique universitaire · Benjamin Ray (dir.), Salem Witch Trials Documentary Archive and Transcription Project, University of VirginiaSalem 1692 — Archives numériques des procès et des témoignages
La bibliothèque de l'Université de Virginie donne accès aux documents des procès de Salem, à des registres, lettres et discours contemporains.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Chantal Ammann-Doubliez, avec Hans-Robert Ammann et Joseph Sarbach, Procès de sorcellerie dans la vallée de Conches (1466–1467), Cahiers de Vallesia 32, 2020Valais, vallée de Conches 1466–1467 — Quatre procès et leur édition
Les Archives de l’État du Valais présentent l'édition en latin de quatre procès, traduits en français et en allemand, et un panorama des poursuites de 1380 à 1482.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Pau Castell Granados, Gwendolin Ortega et Martine Ostorero, La répression de la sorcellerie en Pays de Vaud (1438–1536), SDS VD D 1–2, 2025Pays de Vaud 1438–1536 — Le registre Ac 29 et sa documentation éparse
L'édition rassemble les 26 procédures du registre Ac 29 des Archives cantonales vaudoises et des pièces dispersées, dont comptes et négociations entre autorités.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Folâtrer avec les démons : sabbat et chasse aux sorciers à Vevey, 1448, Cahiers lausannois vol. 15 (1995)Vevey 1448 — Trois dossiers judiciaires édités par Martine Ostorero
La notice de la Bibliothèque nationale de France atteste une édition du texte latin et de sa traduction des procès de Jaquet Durier, Catherine Quicquat et Pierre Munier.
Ouvrir la notice ↗Médecine et controverses démonologiques à la Renaissance · Johann Weyer, De praestigiis daemonum et incantationibus ac veneficiis, édition de Bâle 1563Johann Weyer, De praestigiis daemonum (1563) — Contester l’accusation
Le médecin Johann Weyer tente de limiter les poursuites contre les personnes accusées de sorcellerie en interprétant nombre de récits comme illusions, crédulité ou fragilité plutôt que comme preuves d
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