Étude comparative · Principauté épiscopale de Bâle, Jura, 1595–1596
Quatre femmes devant les juges : Cornol, Saint-Ursanne et Montmelon (1595–1596)
Marguerite Frantz, Thonnette Grillon, Jeanne Mittet et Claude Cugnotet : liberté sous urphède, aveux contestés, condamnation et mort en prison.
Quatre destins qui interdisent les généralisations
En moins de deux années, les archives de la principauté épiscopale de Bâle font apparaître plusieurs situations judiciaires radicalement différentes. Marguerite Frantz, sage-femme de Cornol, sort libre de la procédure de 1595 après avoir résisté à la torture sans avouer. En 1596, Thonnette Grillon conteste des aveux qu'elle déclare imposés par la torture, mais elle est finalement condamnée à mort. Jeanne Mittet, également appelée veuve Koller, fait l'objet d'une condamnation capitale la même année. Un autre dossier collectif signale que Claude, épouse de Nicolas Cugnotet, meurt en prison après torture. Ces issues sont établies par les descriptions des Archives de l'ancien Évêché de Bâle, sans prétendre avoir relu toutes les sentences.1
Il serait trompeur d'additionner ces quatre destins comme quatre procès identiques. Les dossiers conservés n'ont pas la même structure ; certaines femmes sont renseignées par une procédure individualisée, d'autres par un rapport collectif, et les jugements ne sont pas tous directement consultés. Les liens entre accusations ne démontrent aucune complicité. L'objectif est de comprendre le fonctionnement de la preuve, de la contrainte, de l'écrit administratif et des décisions de justice sans effacer l'identité des personnes poursuivies.
Ce que contiennent réellement les dossiers B 168/14 à 19
La sous-série B 168/14 à 19, couvrant les années 1546 à 1670, rassemble sept boîtes d'archives. Elle ne se limite pas aux célèbres confessions. On y trouve des ordres de capturer ou d'interroger, des correspondances entre autorités, des témoignages, des interrogatoires, des reconfessions destinées à reformuler des aveux, des notes d'exécution et des textes de prières. L'inventaire renvoie aussi aux comptes des seigneuries et à des registres de sentences. Le passage d'une accusation orale au verdict dépend donc d'une chaîne documentaire beaucoup plus large que l'acte final.2
Le même inventaire explique l'urphède : un serment pris par une personne libérée ou bannie de ne pas se venger du souverain ou de ses juges. Il ne s'agit pas d'un acquittement au sens contemporain ni d'un certificat qui établirait la vérité ou la fausseté de toutes les accusations. Les cotes B 168/14-35 à -38 doivent être lues avec ce vocabulaire institutionnel précis. Sans cela, la libération de l'une et la condamnation de l'autre risquent d'être transformées en récit moral simplificateur.3
Marguerite Frantz : sage-femme à Cornol et sortie sous urphède
Le dossier B 168/14-35 présente Marguerite Frantz, fille d'un ancien meunier de Miécourt et épouse d'Étienne Bougeon, comme sage-femme à Cornol. Les quatre pièces sont datées du 21 mai au 7 août 1595. L'inventaire indique qu'elle n'avoue rien, résiste à la torture et est libérée sous urphède. Ce cas révèle qu'une accusation ne débouchait pas automatiquement sur une condamnation, même lorsqu'une personne avait subi la violence judiciaire. La libération n'efface cependant pas la souffrance de la procédure.4
Les archivistes signalent aussi qu'une prétendue marque satanique aurait été « découverte » dans la troisième pièce, à la page neuf. Il faut conserver les guillemets : la marque est une interprétation produite par les enquêteurs, non la preuve d'un pacte avec une puissance invisible. La fonction sociale de sage-femme mérite une étude distincte de la représentation moderne de la sorcière-guérisseuse. Aucun lien de parenté, de responsabilité ou de transmission du « secret » ne peut être inventé entre Marguerite et la Marie de Cornol évoquée dans un autre article portant sur 1590.5
Thonnette Grillon : résister, se rétracter, puis être condamnée
En 1596, le dossier collectif B 168/14-36 nomme Thonnette, ou Antoinette Perret, épouse de Thibaud Grillon à Saint-Ursanne. Les pièces couvrent la période du 5 janvier au 1er octobre. Les Archives décrivent une résistance persistante, y compris devant le tribunal. Elles renvoient à la sentence PCrim Py I/2, folios 57 verso à 60, qui mentionne selon leur résumé une contestation des aveux présentés par l'accusée comme obtenus sous la torture. Les magistrats hésitent et poursuivent leur enquête, puis prononcent la mort. Le dossier ne suffit pas à dire quelles raisons exactes ont prévalu sans lire la sentence.6
Cette issue contraste fortement avec celle de Marguerite Frantz. Dans les deux affaires, le dossier évoque une résistance à la procédure ; dans l'une, la personne est libérée, dans l'autre, elle est condamnée. On ne peut pas en déduire qu'une accusation différente serait nécessairement plus crédible. L'enjeu est d'identifier ce que le tribunal considérait comme une preuve suffisante, si une rétractation avait un effet juridique réel et comment un aveu obtenu après torture pouvait être reformulé comme vérité judiciaire.7
Une même enquête visant Thonnette, Claude et Mariatte
La pièce B 168/14-36.1, datée du 5 janvier 1596, réunit des informations secrètes concernant trois femmes. Les pages 1 à 5 portent sur Thonnette ; les pages 7 à 12, sur Claude, épouse de Nicolas Cugnotet ; les pages 15 et 16, sur Mariatte, épouse de Jean Monnin. Le même dossier réunit ainsi des dépositions visant plusieurs personnes, sans que cette unité archivistique doive être interprétée comme la preuve d'une action collective. La notice annonce une transcription numérique, mais les témoignages n'ont pas été intégralement collationnés dans cette étude.8
Les Archives indiquent que Thonnette avait déjà été dénoncée par une femme de Courfaivre exécutée à Porrentruy. Elles proposent avec prudence de l'identifier à Marie, veuve de Jean Maigre, en renvoyant à un autre dossier. Ici, l'expression « sans doute » doit rester attachée à cette identification. Une dénonciation reprise de dossier en dossier peut donner à l'accusation un air de confirmation alors qu'elle conserve parfois la même origine et dépend du même système de contrainte.9
Jeanne Mittet ou veuve Koller : reconnaître une seule personne
Jeanne Mittet, veuve de Jean Mittet, charbonnier à Montmelon près de Saint-Ursanne, fait l'objet du dossier B 168/14-37, composé de trois pièces et couvrant septembre au 9 octobre 1596. Les Archives indiquent une condamnation capitale avec renvoi au registre PCrim Py I/2, folio 55. La même femme figure aussi comme « veuve Koller » dans le dossier collectif B 168/14-38 : le terme renvoie au métier de charbonnier. L'inventaire confirme cette identité. Il serait donc inexact de traiter Jeanne Mittet et la veuve Koller comme deux accusées distinctes.10
Une pièce complémentaire, B 168/14-37.1, conserve selon sa notice six témoignages recueillis contre Jeanne. Un passage résume des propos au sujet d'un moyen contre l'impuissance masculine ; l'accusée ne semble pas avoir considéré cette pratique comme répréhensible. À ce stade, nous ne disposons que du compte rendu archivistique, qui mentionne aussi une note en allemand sur la possibilité d'entendre d'autres témoins. La présence d'une discussion sur des soins du corps montre un voisinage entre savoirs vernaculaires, normes religieuses et suspicion judiciaire ; elle ne permet aucun diagnostic ni aucune conclusion de culpabilité.11
Claude Cugnotet : mourir en prison n'est pas une condamnation capitale
Le rapport collectif B 168/14-38, daté du 19 septembre 1596 et rédigé principalement en allemand, relie les dossiers de Jeanne, Thonnette, Claude et Catherine Siron. L'inventaire des Archives affirme que Claude, épouse de Nicolas Cugnotet, est morte en prison après avoir été torturée ; il renvoie pour cette information aux procédures de Saint-Ursanne PCrim SU 27-7, pages 2 et 3. Il faut la traiter comme une personne décédée en détention selon les sources signalées, et non comme une victime exécutée après jugement à l'instar d'autres dossiers.12
Une correction de méthode s'impose dès qu'un tableau statistique rassemble des personnes poursuivies : décès en prison, exécution, condamnation capitale, bannissement, libération sur urphède et accusation sans sentence connue sont des catégories différentes. Le rapport mentionne encore Catherine Siron, des Franches-Montagnes, et une sentence du 11 octobre au PCrim Py I/2, folio 56 verso. Aucun détail supplémentaire ne peut être attribué à cette femme sans consulter la décision elle-même. L'intérêt du dossier collectif est d'exposer les relations administratives, pas de certifier l'existence d'une prétendue assemblée de sorcières.13
Georges Lüdi : une confession est aussi une forme d'écriture judiciaire
Le chapitre de Georges Lüdi, publié en 2009 dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, a pu être lu dans le PDF mis en ligne par l'Université de Neuchâtel. Il confronte des documents du XVe au XVIIe siècle et inclut dans son corpus Toinatte Grillon, Catherine Siron et Jeanne Mittet pour l'année 1596. Son propos est essentiel : les confessions de sorcellerie ne sont pas de simples enregistrements transparents de la parole des personnes interrogées. Leur structure et leur vocabulaire appartiennent à un genre d'écriture des institutions judiciaires.14
Lüdi relève des motifs récurrents, comme la rencontre d'un être diabolique, les assemblées dites sectes et les maléfices attribués à des objets, ainsi que des noms et des lieux très localisés. Il défend l'hypothèse que les greffiers et les autorités partageaient et transmettaient une partie de ces formats narratifs. L'analyse sociolinguistique aide à comprendre pourquoi des récits officiels peuvent se ressembler sans démontrer une action surnaturelle commune. C'est une hypothèse interprétative solide pour interroger les actes, non une certitude sur l'origine exacte de chaque formule dans le cas de Thonnette.15
Prière, médecine populaire et soupçon : les limites d'une étiquette
Le contexte religieux et médical des années 1590 est éclairé par une autre piste : Vincent Kottelat a publié une étude sur les prières de Marie de Cornol en 1590, repérée dans les Actes de la Société jurassienne d'émulation. Le centre documentaire Mémoires d'Ici en donne la référence et la pagination. Cette mention ne prouve pas que Marie fut poursuivie dans le dossier de Marguerite Frantz cinq ans plus tard, et les deux personnes ne doivent pas être identifiées. L'article n'a pas encore été consulté dans sa totalité, ce qui interdit de lui attribuer des observations détaillées.16
Le Dictionnaire du Jura décrit par ailleurs le « secret » comme une tradition de prières et de gestes de guérison dont les pratiques ont évolué et dont l'efficacité thérapeutique n'est pas scientifiquement démontrée. Une telle perspective contemporaine peut situer les recherches historiques sur les prières et les soins, mais elle ne constitue ni preuve de ce qui se passa en 1595 ni justification de substituer une pratique symbolique à un traitement médical. Les gestes allégués des guérisseurs et sages-femmes doivent être distingués des accusations d'un pacte diabolique.
Pour poursuivre l'enquête sans fabriquer les verdicts
Les quatre situations rencontrées peuvent être replacées dans une grille documentaire : Marguerite Frantz, libérée après résistance à la torture ; Thonnette Grillon, condamnée après avoir contesté des aveux ; Jeanne Mittet, condamnée selon l'inventaire, avec deux appellations à réconcilier ; Claude Cugnotet, morte en prison après torture. La preuve est d'abord celle des actes administratifs et des traces de violence institutionnelle. Il ne s'agit pas d'une preuve historique de sorcellerie réelle. Les variantes nominatives et les indications de folios doivent être conservées pour éviter les doubles comptes et les biographies inventées.17
La suite exige la lecture intégrale des pièces Transkribus B 168/14-36.1 et -37.1, la confrontation du rapport allemand B 168/14-38, l'ouverture des sentences PCrim Py I/2 folios 55 et 57 verso–60, et l'examen du dossier PCrim SU 27-7 concernant Claude. Les archivistes ont donné des pistes vérifiables ; l'histoire reste ouverte là où la preuve manque. Un site documentaire peut rendre cette connaissance accessible sans exagérer ce qu'il a contrôlé, ni attribuer à des femmes persécutées les croyances que leurs juges ont inscrites dans les registres.18
Les dossiers attestent quatre trajectoires judiciaires distinctes et soulignent que les confessions sont aussi des textes produits dans un système de pouvoir. Les accusées ne doivent pas être confondues, et les sentences de sorcellerie ne prouvent aucune action surnaturelle.
Appareil critique
Notes et références
Les indications bibliographiques sans pagination sont des références de repérage, non des citations vérifiées page par page. Lire les conventions éditoriales.
- Comparaison textuelle
Les issues de 1595–1596 proviennent de quatre situations documentaires non équivalentes : libération sous urphède, condamnations et décès en détention ; ne pas déduire une procédure standard unique.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte - Source primaire
L'inventaire général B 168/14 à 19 couvre 1546–1670 en sept boîtes et mentionne interrogatoires, reconfessions, urphèdes, ordres administratifs et comptes. Il ne vaut pas dépouillement des procès.
AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670 · AAEB, B 168/14 à 19, Sous-série Sorcellerie (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Philologie
Urphède : engagement de ne pas se venger, attaché à une libération ou à un bannissement, et non équivalent automatique d'un acquittement au sens moderne.
AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670 · AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-35, quatre pièces du 21 mai au 7 août 1595 : Marguerite Frantz, sage-femme de Cornol, résiste à la torture, n'avoue pas et est libérée sous urphède selon l'inventaire.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB, B 168/14-35, Marguerite Frantz (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
L'indication d'une « marque satanique » supposément découverte (pièce 3, p. 9) décrit une interprétation accusatoire dans la source et non une preuve de pacte.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-36 : PCrim Py I/2, fol. 57v–60, sentence signalée pour Thonnette Grillon ; contestation de ses aveux comme arrachés sous la torture et condamnation finale mentionnées par l'archiviste.
AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB, B 168/14-36, Thonnette ou Antoinette Perret/Grillon (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
Les deux dossiers contiennent un refus ou une contestation de l'aveu, mais l'issue diffère ; la causalité de la décision judiciaire ne peut être reconstituée sans les sentences et interrogatoires complets.
AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-36.1, 5 janvier 1596 : Thonnette p. 1–5, Claude p. 7–12, Mariatte p. 15–16 ; 20 pages matérielles, certaines blanches. Texte intégral signalé dans Transkribus 1523132.
AAEB B 168/14-36.1, informations secrètes à Saint-Ursanne, 5 janvier 1596 · AAEB, B 168/14-36.1, informations secrètes (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
L'inventaire rapproche avec prudence la « femme de Courfaivre » d'une personne nommée Marie ; ce rapprochement proposé ne doit pas être devenu certitude historique sans le dossier B 168/14-17.
AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-36.1, informations secrètes à Saint-Ursanne, 5 janvier 1596↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-37 : Jeanne Mittet / veuve Koller, Montmelon, trois pièces, renvoi à la sentence PCrim Py I/2 fol. 55 ; l'inventaire affirme l'identité des deux noms.
AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB, B 168/14-37, Jeanne Mittet/veuve Koller (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-37.1 : six témoins, note allemande p. 7 et discussion par Jeanne de soins concernant l'impuissance, sans date précise ; Transkribus 1527213 signalé.
AAEB B 168/14-37.1, information secrète de six témoins, sans date · AAEB, B 168/14-37.1, six témoignages (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-38, 19 septembre 1596, mentionne la mort de Claude Cugnotet en détention après torture, avec renvoi PCrim SU 27-7 p. 2–3. Son sort ne doit pas être confondu avec une exécution judiciaire.
AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596 · AAEB, B 168/14-38, rapport collectif (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les cotes PCrim Py I/2 fol. 55, 56v et 57v–60 sont repérées mais leurs textes n'ont pas été consultés directement ; ne pas inventer la date exacte d'exécution ou la motivation de chaque sentence.
AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Georges Lüdi (2009), p. 177 note 1, inclut Toinatte Grillon, Catherine Siron et Jeanne Mittet (1596) dans un corpus de reconfessions d'archives ; le chapitre a été lu dans le PDF de l'Université de Neuchâtel.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197 · Georges Lüdi, Confessions criminelles, in Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman (2009) (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
Selon Lüdi, p. 188–195, les récits sont organisés par des conventions linguistiques et des attentes sociales ; interprétation sociolinguistique, non preuve que chaque déposition aurait été fabriquée mot pour mot.
Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Vincent Kottelat, étude sur les prières de Marie de Cornol en 1590, identifiée par Mémoires d'Ici (D-11941) ; ne pas assimiler Marie à Marguerite Frantz, ni prétendre à la lecture intégrale de l'article.
Vincent Kottelat, Pour une histoire ancienne du secret, Actes SJE 2007, p. 193–209 · Mémoires d'Ici, D-11941, Les prières de Marie de Cornol (1590) (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Lecture théologique
La présentation de la torture et de l'accusation de démonologie est strictement historique : aucune culpabilité magique n'est déduite des sentences, aveux et descriptions corporelles.
AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Une édition critique future doit collationner Transkribus 1523132 et 1527213, le rapport allemand B 168/14-38 et les folios PCrim Py I/2 ; la présente étude documente les cotes et les hypothèses.
AAEB B 168/14 à 19 : Criminalia in sortilegiis, veneficiis et maleficiis, 1546–1670 · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596 · AAEB B 168/14-36.1, informations secrètes à Saint-Ursanne, 5 janvier 1596 · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596 · AAEB B 168/14-37.1, information secrète de six témoins, sans date · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596↩ Revenir au texte
Éditions et sources du réseau Savoy
Vérifier les textes cités.
Textes analysés dans cette étude
AAEB — Dossiers de sorcellerie, série B 168/14 à 19 (1546–1670)
L'inventaire général identifie les différents documents qui pouvaient composer une enquête, notamment les témoignages, les interrogatoires, les reconfessions, les urphèdes, les sentences et les compte
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-35, dossier Marguerite Frantz, 21 mai–7 août 1595Marguerite Frantz, sage-femme de Cornol — Procès et libération en 1595
Les Archives identifient Marguerite Frantz, épouse d'Étienne Bougeon et sage-femme à Cornol ; elles indiquent qu'elle a résisté à la torture, n'a pas avoué et a été libérée sous urphède.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-36, Thonnette Perret/Grillon et deux femmes, 5 janvier–1er octobre 1596Thonnette Perret ou Grillon — Contestation d’aveux et condamnation en 1596
Le dossier de Saint-Ursanne porte entre autres sur Thonnette, dite Antoinette, épouse de Thibaud Grillon ; elle contesta des aveux comme arrachés sous la torture avant une condamnation capitale.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-36.1, informations secrètes à Saint-Ursanne, 5 janvier 1596Témoignages sur Thonnette, Claude et Mariatte, 5 janvier 1596
L'inventaire d'une pièce de vingt pages distingue les enquêtes de témoins relatives à trois femmes ; il fournit des pages de repérage différentes pour chacune.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-37, Jeanne Mittet ou Koller, septembre–9 octobre 1596Jeanne Mittet, dite veuve Koller — Montmelon, 1596
L'inventaire des Archives établit que Jeanne Mittet, veuve d'un charbonnier de Montmelon, et Jeanne appelée « veuve Koller » dans un dossier connexe sont une seule personne ; une condamnation à mort e
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-37.1, information secrète de six témoins, sans dateJeanne Mittet — Six témoignages recueillis à Saint-Ursanne
La pièce contient six dépositions contre Jeanne et mentionne qu'elle a parlé d'un procédé contre l'impuissance masculine, sans y voir elle-même une faute.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · AAEB B 168/14-38, rapport collectif sur des femmes accusées, 19 septembre 1596Rapport collectif : Jeanne, Thonnette, Claude et Catherine (septembre 1596)
Un dossier collectif de l'administration met en relation Jeanne Mittet/Koller, Thonnette Grillon, Claude Cugnotet et Catherine Siron ; les archives distinguent leurs sorts judiciaires.
Ouvrir la notice ↗Université de Neuchâtel, sociolinguistique historique · Georges Lüdi, Confessions criminelles, dans Sociolinguistique historique du domaine gallo-roman, Peter Lang, 2009, p. 175–197Georges Lüdi (2009) — Les confessions comme genre textuel judiciaire
Georges Lüdi étudie les confessions de sorcellerie du Jura et de Neuchâtel comme une forme de texte produite par des institutions, avec des modèles narratifs récurrents et des variations locales.
Ouvrir la notice ↗Archives de l’ancien Évêché de Bâle / Histoire de la justice · Vincent Kottelat, Pour une histoire ancienne du secret, Actes SJE 2007, p. 193–209Vincent Kottelat — Marie de Cornol et les prières du « secret » en 1590
Une étude de Vincent Kottelat traite de prières de guérison associées à Marie de Cornol en 1590, offrant un contexte local antérieur aux poursuites de 1595–1596.
Ouvrir la notice ↗Digital Humanities @ University of Bern et Archives de l’ancien Évêché de Bâle · Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4Université de Berne — Images et transcriptions PAGE XML du procès Couchant
Le dépôt universitaire fournit pour les quatre pièces du procès 48 images avec leurs textes structurés, permettant de localiser les mentions de torture, de rétractation, d’aveux et d’exécution directe
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493Vincent Kottelat (2010) — Sorcellerie, secret et médecine populaire
Une étude consacrée à Jacques Couchant confronte guérison populaire, « secret » et procédures criminelles de la fin du XVIe siècle.
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