Étude comparative · Val-de-Travers, Valangin et principauté épiscopale de Bâle, 1594
Jacques Couchant, de Saint-Sulpice : un guérisseur face aux juges en 1594
Premier dossier judiciaire nominatif du Val-de-Travers : quatre pièces archivistiques, interrogatoires, torture, témoins et exécution à confronter aux sources.
Une victime identifiée dans les archives, non une légende locale
Jacques Couchant n’est pas seulement un nom cité dans une histoire générale de la sorcellerie. Le portail des Archives de l’ancien Évêché de Bâle identifie son dossier sous la cote B 168/14-23, avec les bornes du 9 février au 25 mai 1594. L’homme est expressément dit natif de Saint-Sulpice, au Val-de-Travers, dans la seigneurie de Valangin. Sa procédure est conservée dans un fonds judiciaire de la principauté épiscopale de Bâle : il s’agit donc d’une histoire transfrontalière au sens des juridictions anciennes, pas d’un procès que l’on pourrait attribuer à une mairie actuelle.1
Cette étude de cas procède à partir des notices archivistiques détaillées des quatre pièces, de leurs cotes et de quelques lectures historiographiques accessibles. Les inventaires résument minutieusement les interrogatoires, les témoins et la dernière pièce, et renvoient à des transcriptions en ligne. Quatre images ciblées et les fichiers PAGE XML ont désormais été consultés ; les transcriptions et images intégrales ne sont cependant pas encore collationnées ligne à ligne. Cette limite est décisive : une notice d’archiviste offre des repères contrôlables, mais le choix exact des mots du greffier et la nature des interventions éditoriales exigent l’accès à la pièce elle-même.2
Saint-Sulpice, commerce du vin et départ du pays
Selon l’analyse archivistique de B 168/14-23.1, Couchant avait fait commerce de vin à Saint-Sulpice. Après une faillite, il aurait quitté le pays et laissé femme et enfants ; la notice décrit ses emplois et lieux de résidence sur huit années avant l’arrestation, datée du 5 février 1594 à Glovelier. Le dossier principal le décrit ensuite comme vacher et comme homme qui « médicinait » les gens et les bêtes. Ce portrait articule mobilité sociale, précarité après faillite et connaissances de guérison populaire. Il ne suffit pas à démontrer un statut stable de médecin qualifié.3
Le rapprochement territorial est instructif. Le Val-de-Travers actuel rassemble neuf anciennes communes, dont Saint-Sulpice, qui conservent des archives communales aujourd’hui à Couvet. Mais le fait qu’un homme vienne de Saint-Sulpice n’implique pas que ses interrogatoires du Jura actuel s’y trouvent : les quatre pièces judiciaires sont conservées sous B 168/14-23 dans les Archives de l’ancien Évêché de Bâle. Un travail scientifique doit distinguer lieu de naissance, résidence, arrestation, jugement et dépôt actuel de l’archive.4
Les interrogatoires de février : du soin à la suspicion
Les archivistes datent un premier interrogatoire du 9 février 1594 (B 168/14-23.1, pages 1–4), puis un autre du 10 février (pages 4–8). Ils mentionnent ce jour-là des aveux initiaux sans torture, suivis d’une première séance de torture à la page 8. D’autres interrogatoires sont inscrits au 12 février et au 11 mars. Cette précision rend possible une chronologie distincte de la reconstitution rétrospective : les aveux attribués à un interrogatoire doivent être situés par rapport au premier usage de la contrainte et aux questions déjà posées.5
La même pièce rapporte des soins du bétail, des chandelles allumées, des cérémonies, des formules orales et des prières de guérison. Des gestes liés à des enfants, à des chevaux ou au lait des vaches apparaissent à diverses pages. Ces descriptions disent ce que le dossier judiciaire met en scène, et non ce que les historiens auraient établi sur l’efficacité des soins. La difficulté est justement que des activités thérapeutiques réputées utiles par certaines personnes deviennent, sous d’autres questions, les indices supposés d’une puissance démoniaque.6
Une rétractation, puis de nouveaux aveux sous contrainte
Une séance située seulement à « ? mars » dans l’inventaire occupe les pages 11–13. Couchant aurait demandé qu’on lui relise ses aveux antérieurs afin de se les remettre en mémoire ; les autorités auraient refusé. Le résumé précise qu’au lieu de la torture il révoque les aveux précédents, qu’il est alors condamné à la torture, puis qu’il en produit de nouveaux. On ne peut pas combler arbitrairement la date manquante ; en revanche, la succession rapportée est suffisamment explicite pour faire de la fiabilité de la confession une question historique centrale.7
La recherche actuelle sur les aveux sous contrainte rappelle qu’une personne peut adopter ou répéter les catégories imposées par l’interrogateur. Cela ne signifie pas que tous les actes évoqués dans un procès seraient imaginaires ; cela signifie que leurs différentes propositions ont des statuts probatoires distincts. Une déclaration de soins, une souffrance du bétail, une réponse après torture et le récit d’un pacte démoniaque ne constituent pas quatre preuves mutuellement indépendantes. L’hypothèse de la culpabilité ne doit pas gagner en apparente solidité en recyclant les mêmes aveux sous plusieurs rubriques.8
Les témoins de Vendlincourt et de Courtemautruy
Le 12 mars, une seconde pièce B 168/14-23.2 rassemble cinq dépositions : deux personnes situées par les archivistes possiblement vers Porrentruy, puis trois à Vendlincourt. Le notaire Bourcard Guyer mentionne des pertes de bétail et des difficultés de traite ; Bourcard Jeansire parle des soins reçus par ses enfants, dont l’un aurait guéri tandis que l’autre serait décédé. D’autres personnes évoquent des soins ou des accusations formulées contre une femme nommée Catherine Bédier. Ces propos sont décrits comme des témoignages judiciaires, et non comme des constats d’une causalité surnaturelle.9
Le 16 mars, une troisième pièce B 168/14-23.3 regroupe sept témoignages recueillis à Courtemautruy. La notice n’en transcrit pas ici les identités ni les propos : il faut donc éviter de leur en prêter. À ce stade, on sait seulement qu’ils constituent un autre ensemble de dépositions à examiner. Pour construire une édition critique, il faudra aligner les propos de chaque témoin avec les interrogatoires de Couchant, repérer les éventuelles questions suggestives, les reprises d’un récit antérieur et les contradictions explicites.10
Les prières, le « secret » et les accusations en chaîne
L’inventaire de la pièce d’interrogatoire signale plusieurs prières, le nom d’une femme de Roche-d’Or présentée par Couchant comme lui ayant enseigné certaines formules et des méthodes de guérison que les juges ont interrogées. Le même résumé fait apparaître des noms de personnes dénoncées comme appartenant à une prétendue « secte ». Certaines désignations renvoient aux mêmes procès voisins du fonds B 168/14 ; cela offre une piste pour reconstruire les liens entre dossiers et éviter de compter une dénonciation comme un fait établi.11
Le texte invite à distinguer la pratique d’un « secret » de guérison, l’interprétation qu’un patient lui donne et la manière dont les juges classent cette activité. L’historien Vincent Kottelat a consacré à cette affaire une étude publiée en 2010 dans la Revue suisse d’histoire, sous un titre explicitant le lien entre sorcellerie, secret et médecine populaire. Son article est référencé par les archivistes et le portail E-Periodica ; sa confrontation détaillée à chaque acte doit encore être poursuivie. On ne doit pas transformer ce rapprochement entre prière et guérison en conseil médical contemporain.12
Mai 1594 : l’objet de poils, l’aveu et la sentence
Les derniers interrogatoires recensés pour le 4 et le 9 mai reviennent sur la mort de bétail à Cornol et sur un objet fait de poils que les autorités associent à un sortilège. Les archivistes indiquent que la découverte de ce « tortillon » a provoqué de nouveaux aveux. La découverte matérielle d’un objet, si elle est confirmée dans le texte original, ne prouve pourtant pas qu’il ait causé une maladie ou une mort. Il faut séparer la présence d’une chose, son attribution à Couchant et le récit magique construit à son propos.13
La quatrième pièce, B 168/14-23.4, est datée du 24 mai. La notice annonce des aveux finaux et une note portée sur la première page selon laquelle Couchant fut brûlé le 25 mai 1594. Le dossier général récapitule la sentence et renvoie aussi au registre PCrim Py I/2, folio 40. Cette concordance est plus robuste qu’un simple récit transmis par la tradition locale. La formulation exacte du jugement, la procédure d’exécution et les derniers mots prêtés à l’accusé doivent, eux, être établis directement sur les pièces originales.14
Pourquoi le cas de Couchant ne raconte pas tout Neuchâtel
L’article d’Olivier Silberstein publié dans les Actes 2025 de la Société jurassienne d’émulation, pages 141–150, replace les procès dans une chronologie plus large. Au XVe siècle, les vagues neuchâteloises sont décrites comme espacées mais parfois amples, dans le cadre d’enquêtes inquisitoriales ; les poursuites reprennent dans les années 1570–1580 et restent régulières jusqu’aux années 1670. Le cas Couchant se situe en 1594 et dans une autre juridiction de jugement. Il éclaire des circulations entre régions mais ne peut servir à lui seul de modèle statistique de tous les procès du comté.15
La monographie d’E. William Monter, étudiée dans la bibliographie régionale, s’intéresse aux frontières de la Suisse et de la France pendant la Réforme. Les archives de Neuchâtel, le Val-de-Travers et la principauté de Bâle y correspondent à des espaces liés, mais sans limites juridictionnelles identiques aux cantons actuels. Pour comprendre la circulation des guérisseurs, des magistrats et des récits de sorcellerie, il faut juxtaposer les actes locaux, les procès transfrontaliers et les synthèses sans amalgamer leurs nombres ni leurs catégories.
Reconstituer sans accuser : un protocole de lecture
Le cas Couchant permet désormais un travail page par page : conserver quatre identifiants B 168/14-23.1 à .4, relever les interrogatoires et les dépositions, indexer les personnes et les lieux, distinguer les citations des résumés et associer à chaque affirmation son état de vérification. Les AAEB mettent des transcriptions en ligne pour les quatre pièces. La disponibilité technique de ces textes est une chance, mais pas une autorisation de les recopier ou de conclure sans confrontation des images. Une suite éditoriale sérieuse cherchera d’abord les divergences entre versions d’aveux et la traçabilité des liens entre témoins.16
Le discernement est ici une discipline de vérité : accepter que des personnes aient souffert, que des registres aient fabriqué des accusations, que des guérisseurs aient été tantôt consultés et tantôt dénoncés, sans déduire de tout cela l’existence d’une « secte » invisible. La personne exécutée mérite d’être nommée avec rigueur plutôt que transformée en personnage pittoresque. La démarche rejoint la vocation de Tactiques : éclairer les mécanismes de l’accusation, préciser ce que l’on sait et reconnaître ce qui reste à établir.17
Confronter enfin les mots : confession « libre », torture et rétractation
Une nouvelle étape a permis de consulter les fichiers d’images et de transcriptions PAGE XML publiés par l’Université de Berne à partir des fonds AAEB. Les quatre pièces de Couchant représentent 48 images de pages avec texte et 1 593 lignes transcrites dans le jeu de données analysé. Ce nombre ne remplace pas les descriptions matérielles des inventaires : ces derniers comptent aussi des feuillets blancs ou non transcrits. Les quatre fichiers spécifiques ont été dépouillés automatiquement à travers leurs lignes, tandis que onze images ciblées ont été vérifiées visuellement, dont quatre provenant des interrogatoires et de la pièce finale. On dispose ainsi d’un point d’appui plus précis, sans prétendre à une édition diplomatique complète.18
Deux pages des interrogatoires éclairent directement la fabrication de l’aveu. B 168/14-23.1, image 0008, commence par l’annonce du passage « au lieu de la torture » ; plus loin la même page évoque l’interrogé « esleve en la torture ». Dans l’image 0011, lignes 33–37 de la transcription, il « revocquoit » ce qu’il avait auparavant reconnu et niait avoir conclu une alliance avec le malin. Ce sont les formulations conservées du greffier dans une transcription à confronter encore systématiquement au manuscrit : elles ne prouvent ni la réalité d’un pacte ni la validité d’un aveu obtenu sous contrainte.19
La pièce finale B 168/14-23.4 offre le contraste essentiel. Sur l’image 0002, ligne 10, le préambule affirme que Couchant avait « à librement recongneu » ses déclarations à diverses reprises ; la même procédure contient pourtant une rétractation et une séance de torture documentées auparavant. Le qualificatif « librement » appartient donc au langage judiciaire des rédacteurs, et ne garantit pas un consentement sans contrainte. L’image 0001 porte la date du 24 mai 1594 et une note indiquant l’exécution par le feu le 25 mai. Cette dernière page a été confrontée visuellement à sa transcription, ainsi que l’image 0002 du préambule.20
L’examen philologique peut maintenant continuer sans dramatisation : identifier les mains du greffier, relever les termes « torture », « revocquoit » et « librement » avec pagination, comparer les reprises exactes des mêmes aveux et confronter la sentence PCrim Py I/2, fol. 40. Le PDF de l’article de Vincent Kottelat est encore protégé par une vérification sur E-Periodica ; il serait inexact d’en rapporter les conclusions inédites. Les documents universitaires sont accessibles pour une nouvelle confrontation systématique, mais quelques pages contrôlées ne dispensent pas de relire intégralement les quatre pièces.21
Comparer les dépositions : guérisons, échecs et fabrication du soupçon
La pièce B 168/14-23.2 du 12 mars 1594 est conservée dans quinze images comportant 541 lignes reconnues par le jeu de données de l’Université de Berne. Elle contient plusieurs dépositions sous serment, dont celle de Bourcard Jehan sire de Vendlincourt. Sur l’image 0006, il parle de son fils et de sa fille, décrits comme malades, et de son recours à Jacques Couchant. L’image 0009 présente ensuite deux résultats distincts selon ce même déposant : le fils aurait guéri, tandis que la fille serait morte. Ces passages, confrontés aux images manuscrites, ne démontrent ni l’efficacité d’un soin ni une responsabilité dans le décès. Ils documentent ce qu’un témoin apporte au juge.22
La pièce B 168/14-23.3, datée du 16 mars à Courtemautruy, offre un contraste supplémentaire. Dans la première déposition, attribuée à Mourand Thevenat, la transcription de l’image 0002 indique que Couchant n’aurait pas réussi à guérir un animal. Dans la deuxième, Guenin Montahon parle de son épouse malade et d’une amélioration qu’il attribue à un procédé recommandé par Couchant ; l’image 0003 ouvre son témoignage, et l’image 0004 en rapporte l’issue alléguée. Jehan Paingnerat décrit de son côté un cheval qui serait rétabli après un traitement (image 0006). Les images citées ont été vérifiées visuellement, mais elles demeurent des récits de témoins situés.23
Ces dépositions ne dressent donc pas un palmarès de guérisseur : elles présentent des issues différentes, des souvenirs reconstruits et des causalités prêtées à certains gestes. Elles mettent aussi en cause des femmes du voisinage, notamment par des raisonnements de suspicion portant sur les maladies. L’historien doit distinguer la personne qui déclare, celle qui est visée par la rumeur, celle dont on décrit la maladie et ce que le rédacteur consigne comme preuve. L’accusation d’une femme ne se transforme pas en fait historique établi parce qu’elle se répète dans plusieurs témoignages partageant la même attente.24
Une limite archivistique doit enfin rester visible. L’inventaire des AAEB annonce sept témoignages dans B 168/14-23.3 ; les onze images transcrites que nous avons pu exploiter portent explicitement des intitulés allant du premier au cinquième témoin. Cela ne prouve pas qu’il n’y ait eu que cinq déposants : le décompte peut dépendre de pièces non numérisées, de limites d’extraction ou d’un classement différent. Tant que la discordance n’est pas résolue par collation complète, elle doit être signalée, et les deux éventuels témoignages supplémentaires ne peuvent recevoir ni nom ni propos supposés.25
Les quatre pièces du procès documentent la construction d'une accusation contre un guérisseur saint-sulpicien. La précision des cotes et la chronologie des aveux montrent pourquoi la critique des sources et la défense de l'intégrité des personnes doivent primer toute lecture sensationnaliste. La comparaison des pages 0008 et 0011 des interrogatoires avec la formule « librement » de l’acte final souligne le caractère problématique d’une confession produite dans un système ayant recouru à la torture. La comparaison des témoins de Vendlincourt et de Courtemautruy montre des résultats de soins rapportés contradictoires et des accusations contre des tiers que les textes ne démontrent pas.
Appareil critique
Notes et références
Les indications bibliographiques sans pagination sont des références de repérage, non des citations vérifiées page par page. Lire les conventions éditoriales.
- Source primaire
Le dossier des AAEB B 168/14-23 localise et date la procédure de Jacques Couchant, natif de Saint-Sulpice, et annonce quatre pièces principales.
AAEB, B 168/14-23, dossier Jacques Couchant, 9 février–25 mai 1594 · Archives de l’ancien Évêché de Bâle, B 168/14-23 — Jacques Couchant (1594) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les résumés analytiques des archivistes sont lus ici ; les images originales et leurs transcriptions disponibles dans Transkribus doivent encore être confrontées ligne à ligne.
AAEB, B 168/14-23, dossier Jacques Couchant, 9 février–25 mai 1594 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594 · AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6↩ Revenir au texte - Source primaire
B 168/14-23.1, p. 1–2 : commerce du vin à Saint-Sulpice, départ du pays et arrestation à Glovelier le 5 février 1594, selon l’inventaire.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Source primaire
L’identifiant fédéral ISIL CH-002063-7 confirme la conservation de fonds des neuf anciennes communes au service d’archives du Val-de-Travers, sans impliquer qu’il détienne le procès Couchant.
Bibliothèque nationale suisse, répertoire ISIL CH-002063-7, Archives de la commune de Val-de-Travers · Bibliothèque nationale suisse, Archives de la commune de Val-de-Travers, ISIL CH-002063-7 (consultation 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-23.1 : interrogatoires des 9–12 février 1594 et première séance de torture mentionnée le 10 février p. 8. Les aveux initiaux sont indiqués avant cette première séance.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les prières, chandelles, emplâtres et rites de soin figurent dans le dossier comme objets d’enquête et non comme démonstration d’une efficacité surnaturelle.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493↩ Revenir au texte - Source primaire
Le résumé archivistique situe une rétractation des aveux lors d’un interrogatoire de mars de date incertaine, puis une nouvelle torture et de nouveaux aveux : B 168/14-23.1, p. 11–13.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · AAEB, B 168/14-23.1, p. 11–13 (mars 1594) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
La répétition de récits obtenus après contrainte n’est pas une corroboration ; la distinction entre aveux initiaux, rétractation et déclarations ultérieures est essentielle.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · Olivier Silberstein, « La sorcière dans l’imaginaire contemporain », Actes de la Société jurassienne d’émulation, année 2025, p. 141–150, publication 2026↩ Revenir au texte - Source primaire
B 168/14-23.2 (12 mars) est une série de cinq dépositions ; la notice attribue à un témoin la mort d’un enfant précédemment soigné par Couchant, sans établir que les soins en furent la cause.
AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · AAEB, B 168/14-23.2, dépositions de cinq témoins (12 mars 1594) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Source primaire
B 168/14-23.3 (16 mars) répertorie sept témoignages à Courtemautruy ; l’inventaire accessible ne donne pas les sept déclarations, et elles ne sont pas reconstruites.
AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-23.1 p. 1–3 et 7–16 : les prières et soins sont replacés par les interrogateurs dans une hypothèse de secte, entraînant des dénonciations d’autres personnes.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
L’étude de Vincent Kottelat est publiée dans la Revue suisse d’histoire, vol. 60 (2010), p. 475–493, et expressément citée par les AAEB ; sa lecture intégrale reste à achever.
Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493 · Vincent Kottelat, Sorcellerie, secret et médecine populaire (2010) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Source primaire
B 168/14-23.1 p. 13–16 : interrogatoires de mai concernant un objet de poils ; la réalité d’un objet ne prouve pas la causalité surnaturelle que les juges lui prêtent.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-23.4 du 24 mai : une note p. 1 consigne une exécution par le feu le 25 mai 1594. Le jugement est référencé aussi dans PCrim Py I/2 fol. 40.
AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6 · AAEB, B 168/14-23, dossier Jacques Couchant, 9 février–25 mai 1594 · Archives de l’ancien Évêché de Bâle, B 168/14-23.4 — Aveux finaux et exécution (1594) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Bibliographie scientifique
Olivier Silberstein, Actes de la SJE 2025, p. 147, distingue les dynamiques des procès neuchâtelois du XVe siècle et des XVIe–XVIIe siècles, sans assimiler les juridictions.
Olivier Silberstein, « La sorcière dans l’imaginaire contemporain », Actes de la Société jurassienne d’émulation, année 2025, p. 141–150, publication 2026 · Olivier Silberstein, La sorcière dans l’imaginaire contemporain, Actes de la SJE 2025, p. 141–150 (2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les notices AAEB mentionnent pour les quatre pièces des transcriptions dans Transkribus ; leur seule présence ne vaut pas une collation de texte, de graphies ou de foliotage.
AAEB, B 168/14-23, dossier Jacques Couchant, 9 février–25 mai 1594 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594 · AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6↩ Revenir au texte - Lecture théologique
L’accusation de pacte ou secte démoniaque doit rester une proposition attribuée aux autorités historiques, non un fait ni un diagnostic contemporain validé.
AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6 · Olivier Silberstein, « La sorcière dans l’imaginaire contemporain », Actes de la Société jurassienne d’émulation, année 2025, p. 141–150, publication 2026↩ Revenir au texte - Source primaire
Quatre sous-ensembles Parquet B_168_14-23_1 à _4 ont été ouverts. Le traitement TextLine/Unicode repère respectivement 17, 15, 11 et 5 pages avec texte, soit 48 pages et 1 593 lignes au total. Les décomptes de fichiers indexés ne sont pas les paginations archivistiques, qui comprennent des blancs.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · Université de Berne / AAEB, Corpus PAGE XML Couchant, inventaire matériel distinct (2026, consultation des données structurées) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Philologie
AAEB B 168/14-23.1, image 0008, lignes 1 et 11 : passage au lieu de la torture et mention de l'interrogé élevé à la torture. La page manuscrite a été contrôlée visuellement. B 168/14-23.1, image 0011, lignes 33–37 : rétractation avec « revocquoit » et dénégation du pacte. Images 0008 et 0011 vérifiées visuellement.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_1, image 1478247_0008_56522302.jpg (2026, consultation des données structurées) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
AAEB B 168/14-23.4, image 0002, ligne 10 : préambule parlant d'une confession « à librement recongneu ». Comparer avec les lignes relatives à la torture et à la rétractation dans B 168/14-23.1. B 168/14-23.4, image 0001, porte aussi les dates du 24 et du 25 mai et une mention de l’exécution par le feu. Images 0001 et 0002 vérifiées visuellement.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_4, image 1482242_0002_56641962.jpg (2026, consultation des données structurées) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Ni la sentence PCrim Py I/2 fol. 40, ni le texte complet de l'article Kottelat n'ont été lus à ce stade. Les remarques publiées sont fondées sur les actes numériques et les inventaires effectivement consultés.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493↩ Revenir au texte - Source primaire
AAEB B 168/14-23.2 : image 0006, déposition de Bourcard Jehan sire sur deux enfants malades ; image 0009, récit de guérison du fils et de mort de la fille. Images manuscrites inspectées ; assertions du témoin, non certificats médicaux.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_2, images 1478318_0006 et 0009 (Actes de mars 1594 ; transcription universitaire 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Comparaison textuelle
AAEB B 168/14-23.3 : images 0002 (échec allégué), 0003–0004 (guérison rapportée de l'épouse de Guenin Montahon), 0006 (cheval dit guéri par Jehan Paingnerat). Ces images ont été inspectées ; aucune causalité thérapeutique n'en est déduite.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_3, images 1478344_0002, 0003, 0004 et 0006 (Actes de mars 1594 ; transcription universitaire 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
Les propos recueillis sous serment mêlent observations déclarées, soupçons sur le voisinage et interprétations des gestes de soin. La multiplication des récits ne garantit ni leur indépendance ni la culpabilité des femmes accusées.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17 · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_2 et _3, comparaisons de passages (Actes de mars 1594 ; transcription universitaire 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte - Réserve documentaire
L'inventaire AAEB annonce sept témoins pour B 168/14-23.3 ; les onze images PAGE XML permettent de repérer cinq intitulés ordonnés. L'écart est enregistré comme non résolu, sans affirmer que des documents ont disparu.
Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4 · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594 · Université de Berne / AAEB, B_168_14-23_3, 11 images / inventaire AAEB (Actes de mars 1594 ; transcription universitaire 2026) · notice scientifique↩ Revenir au texte
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Textes analysés dans cette étude
Jacques Couchant (Saint-Sulpice), 1594 — Dossier judiciaire B 168/14-23
L’inventaire archivistique identifie Jacques Couchant, natif de Saint-Sulpice au Val-de-Travers, et une procédure de 1594 dont la sentence est résumée par le terme « brûlé ».
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.1, interrogatoires, 9 février–9 mai 1594, p. 1–16Jacques Couchant — Interrogatoires de février à mai 1594
Le résumé archivistique présente une succession d’interrogatoires, des soins et prières attribués à Couchant, puis la torture, la rétractation et de nouveaux aveux.
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.2, informations secrètes, 12 mars 1594, p. 1–17Jacques Couchant — Témoignages de Porrentruy et Vendlincourt, 12 mars 1594
Les AAEB identifient cinq dépositions, dont celles d’un employeur, de proches d’enfants soignés et de personnes ayant connu Couchant comme guérisseur.
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.3, informations secrètes, 16 mars 1594Jacques Couchant — Sept témoignages à Courtemautruy, 16 mars 1594
L’inventaire répertorie sept témoins interrogés à Courtemautruy le 16 mars 1594 ; il identifie seize pages, dont plusieurs blanches.
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · AAEB, B 168/14-23.4, pièce du 24 mai 1594, p. 1–6Jacques Couchant — Aveux finaux et attestation de l’exécution du 25 mai
Les AAEB décrivent les aveux finaux et une note à la première page attestant que Couchant a été brûlé le 25 mai 1594.
Ouvrir la notice ↗Archives judiciaires de l’ancien Évêché de Bâle · Vincent Kottelat, « Sorcellerie, secret et médecine populaire », Revue suisse d’histoire, 60, 2010, p. 475–493Vincent Kottelat (2010) — Sorcellerie, secret et médecine populaire
Une étude consacrée à Jacques Couchant confronte guérison populaire, « secret » et procédures criminelles de la fin du XVIe siècle.
Ouvrir la notice ↗Recherche historique publiée en Suisse romande · Olivier Silberstein, « La sorcière dans l’imaginaire contemporain », Actes de la Société jurassienne d’émulation, année 2025, p. 141–150, publication 2026Olivier Silberstein — La sorcière dans l’imaginaire contemporain et les procès neuchâtelois
L’article de Silberstein expose la genèse du sabbat dans les récits savants, son appropriation judiciaire et l’histoire temporelle spécifique de Neuchâtel.
Ouvrir la notice ↗Bibliothèque nationale suisse et conservation locale · Bibliothèque nationale suisse, répertoire ISIL CH-002063-7, Archives de la commune de Val-de-TraversArchives de la commune de Val-de-Travers — Fonds des neuf anciennes communes
Le répertoire fédéral confirme que les archives communales du Val-de-Travers conservent les fonds administratifs des neuf anciennes communes, dont Saint-Sulpice et Travers.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · E. William Monter, Witchcraft in France and Switzerland: The Borderlands During the Reformation, Cornell University Press, 1976Monter 1976 — Suisse, Franche-Comté, Neuchâtel et Val-de-Travers
La monographie de Monter étudie les contextes régionaux de Genève, du Jura, de Vaud et de Neuchâtel, y compris le Val-de-Travers, Boudry, Colombier et Valangin.
Ouvrir la notice ↗Histoire critique et archives de Suisse romande · Olivier Silberstein, Résister à l’Inquisition : les bourgeois de Neuchâtel contre l’inquisiteur et leur seigneur à la fin du Moyen Âge, Alphil, 2025Olivier Silberstein — Résistances à l’Inquisition et aveux forcés à Neuchâtel
Les travaux de Silberstein portent sur les résistances neuchâteloises à l'inquisiteur et sur la construction des aveux de sorcellerie par persuasion et contrainte.
Ouvrir la notice ↗Digital Humanities @ University of Bern et Archives de l’ancien Évêché de Bâle · Digital Humanities, Université de Berne, image-text_aaeb-xiv-xvii, sous-ensembles B_168_14-23_1 à _4Université de Berne — Images et transcriptions PAGE XML du procès Couchant
Le dépôt universitaire fournit pour les quatre pièces du procès 48 images avec leurs textes structurés, permettant de localiser les mentions de torture, de rétractation, d’aveux et d’exécution directe
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