Fiche de source · Sagesse juive hellénistique
Sagesse 2,23–24 — L'envie et l'entrée de la mort
Sagesse 2 évoque la vocation de l'être humain à la vie et décrit l'entrée de la mort par l'envie d'un adversaire. Le sens précis de diabolos fait l'objet d'un débat exégétique.
Ce que dit le document
Sagesse 2 évoque la vocation de l'être humain à la vie et décrit l'entrée de la mort par l'envie d'un adversaire. Le sens précis de diabolos fait l'objet d'un débat exégétique.
Observations historiques
- Le terme grec διάβολος peut être rendu par « diable » ou par une désignation de l'adversaire ; l'effet interprétatif de la traduction demande explication.
- Certaines notes bibliques identifient ici un rapprochement du serpent de Genèse 3 et du diable ; l'exégèse de Jason M. Zurawski (2012) conteste que cette identification s'impose au texte.
- Le livre de la Sagesse appartient à certains canons chrétiens et ne figure pas dans le canon juif rabbinique ni dans la majorité des éditions protestantes. Son statut doit rester explicite.
- Le texte grec de Sagesse 2,24 est désormais confronté à la Septuaginta de Rahlfs-Hanhart publiée par la Deutsche Bibelgesellschaft : le verset contient φθόνῳ δὲ διαβόλου, mais ne nomme ni le serpent du jardin ni la scène de Genèse 3. L'absence de ces mots ne suffit pas à trancher toute allusion littéraire.
- Le verset doit aussi être lu à partir de Sagesse 2,21–23, et non comme une étiquette démonologique isolée. L'articulation entre « envie », « mort » et « ceux de son parti » admet plusieurs analyses du contexte et de ses personnages.
Ce que l’on peut en déduire
Ce passage constitue un témoin majeur de l'histoire des lectures du mal et de la mort dans une partie de la littérature juive de langue grecque. Une lecture chrétienne peut l'intégrer à sa théologie, mais ne doit pas effacer les choix philologiques, littéraires et canoniques.
Le libellé grec de 2,24 a été vérifié ponctuellement dans l’édition de Rahlfs-Hanhart publiée par la Deutsche Bibelgesellschaft, mais non dans l'ensemble des témoins manuscrits. Le travail intégral de Zurawski n’a pas été collationné ; la proposition qu’il défend est rapportée comme une thèse savante, non comme un consensus.
Prolonger l’enquête
- Le serpent de Genèse 3 est-il déjà Satan ? Histoire d'une identification
- Lire la partie historique correspondante
Notice originale ; de brefs extraits de l’édition Savoy sont présentés avec provenance. Les témoins indépendants restent accessibles pour une confrontation critique.
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